Salaün Mag 8

Salaün Magazine | Page 57 tique. Plages et dunes sont immenses et l’on choisit soigneusement les endroits où la baignade est possible. À l’approche d’Aveiro, le paysage change du tout au tout, et c’est au bord d’une lagune que l’on découvre cet ancien port longtemps coupé de son littoral suite à une terrible tempête au xviii e . Outre sa gare recouverte d’azule- jos, Aveiro est connue pour ses trois canaux qui font d’elle une petite Venise que l’on découvre à bord de moliceiros, ces bateaux qui rappellent un peu les gondoles, autrefois utilisés pour récol- ter le goémon servant d’engrais pour les cultures dans un sol très sableux. À bord de ces embarcations bigarrées, on en ap- prend davantage sur l’histoire de cette ville de terre-neuvas devenue la capi- tale du sel au Portugal. La lagune est en effet quadrillée par des marais salants qui fonctionnent de la même manière que ceux de Guérande. Aveiro est aussi la capitale de l’Art nouveau au Portugal depuis le début du xx e siècle, lorsque les riches commerçants et armateurs se sont mis à construire des demeures dont les façades sont richement décorées. Coimbra, le cerveau du Portugal À l’instar de Porto, Coimbra est construite à flanc de colline et affiche sa majesté aux visiteurs qui s’en approchent en longeant le fleuve Mondego. La troi- sième ville du pays, qui existait déjà à l’époque romaine, est connue par son université médiévale, égale d’Oxford ou d’Heidelberg, qui abrite une des plus belles bibliothèques au monde. Sous la domination des Maures pendant trois siècles, une fois reprise par les chré- tiens, elle sera une des bases arrière de la reconquista qui chassera les musul- mans du pays. Tout concourt au charme mystérieux de Coimbra, à commencer par ses obscures traditions étudiantes, comme le port de grandes capes noires qui donnent aux étudiants des allures de chauve-souris. Coimbra séduit aus- si par ses ruelles escarpées, couvertes d’arches gothiques, ses placettes et ses panoramas sur la rivière ou encore ses deux cathédrales. On chemine avec délice dans ces ruelles marquées par le temps qui convoquent tout autant le Moyen Âge européen que l’atmosphère mystérieuse des médinas arabes. Autre curiosité locale, le fado de Coimbra, plus gaillard et joyeux que celui de Lis- bonne et uniquement interprété par des hommes, diplômés pour la plupart. Car c’est ici qu’ont été formées pendant des siècles les élites qui tenaient les rênes du Portugal et de son empire. À commen- cer par António Salazar, qui y étudia le COIMBRA ÉTUDIE... La place des Écoles de l’université de Coimbra, où se trouvent la bibliothèque Joanina, considérée comme la plus belle au monde.

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