Salaün Mag 8
Salaün Magazine | Page 58 droit et l’économie et vint au pouvoir comme ministre des Finances avant de diriger le pays d’une main de fer pen- dant 40 ans. Surf’n Nazaré C’est à Nazaré, sur la côte, que l’on vient s’oxygéner avant de prendre la route de Lisbonne. Cette station balnéaire était à l’origine un port sardinier connu pour ses célèbres barques colorées, les netin- has, à l’étrave haute et tranchante. Le temps est révolu où les bœufs ou les tracteurs tiraient les barques sardinières hors de l’eau, mais l’on peut encore en admirer des exemplaires sur la grande plage. En arrière-plan de la grève, le vieux quartier des pêcheurs offre aujourd’hui le cachet d’une station bal- néaire animée qui n’a pas perdu son lien avec la mer : de nombreux restaurants de poissons et fruits de mer traditionnels et abordables alignent leurs terrasses au fil des ruelles. Un funiculaire permet de monter au vertigineux belvédère du quartier de Sítio, d’où la vue sur la plage est superbe. Nazaré est plus que jamais à la mode dans le monde des surfeurs, car elle héberge « la plus grosse vague au monde », qui peut atteindre 30m, l’équi- valent d’un immeuble de 10 étages. Il nous reste une étape avant Lisbonne, celle qui nous mène à la ville fortifiée d’Obidos, gardée par un magnifique château du xiii e siècle qui abrite une pousada , ces hôtels installés dans des hauts lieux du patrimoine national. Fortifiée par les Maures, la vieille ville d’Obidos est un dédale de ruelles bordées de maisons aux murs chaulés et riche- ment ornées. L’influence méridionale y est plus forte que dans les villes visitées jusqu’à présent, et le tableau formé par les ruelles, les remparts et les maisons aux angles colorés de lignes orange ou bleues forment une des plus belles cartes postales du Portugal. On y déguste tra- ditionnellement de la liqueur de cerises, servie dans des verres en chocolat ! Lisbonne, la voix du Portugal Certains l’aiment chaude, sous le soleil orangé, d’autres la préfèrent sous la lumière blanche de janvier, lorsque les premières fleurs apparaissent dans les arbres. Gracieuse, élégante, changeant subtilement de parure au fil des quar- tiers, Lisbonne est une dame d’âge mûr, élégante et raffinée, sur laquelle le temps n’a que peu de prise. Quelques rides ici ou là dans les vieux quartiers du port, un peu de couleur pour rehausser l’éclat du bario Alto, à peine quelques acces- soires contemporains pour rester dans le coup… Mais Lisbonne n’a guère besoin d’artifices pour conserver son charme intact. Comme les vieux vins du Douro, les années qui passent donnent corps à sa beauté, subliment son caractère et l’imprègnent tout entière, à travers cette poésie de la destinée et de l’absence qu’on appelle le fado (lire en encadré). De quelque façon qu’on aborde Lisbonne, ses fondamentaux vous accompagnent à chaque pas : l’immense estuaire du Tage qui lèche ses bas quartiers, ses sept collines, ses vieux tramways jaunes, les electricos qui rasent les murs sous l’œil bienveillant du château de Sao Jorge, ou encore sa lumière cuivrée et ses ponts majestueux. Il y a aussi, comme à Porto, le temps, celui qu’on donne à ses façades pour que la belle dame puisse vieillir en paix, sans chercher à masquer sa mélancolie ni noyer de fard son vi- sage humble et fier à la fois. Mais il faut bien commencer quelque part. Feignons d’arriver par la mer dans un ferry venu d’outre-Tage. On aborde dans le quartier de la Baixa, la ville basse, qui est au- jourd’hui le cœur de la ville. La grande place du Commerce ouverte sur le Tage ainsi que les berges alentour ont été récemment rénovées pour le plus grand bonheur des flâneurs. Baixa est une série d’avenues élégantes et à taille hu- maine, entrecoupées de petites rues qui forment un quadrillage impeccable. La rue piétonne Augusta, bordée de cafés, de pâtisseries et de restaurants, mène tout droit sur la place du Rossio, le point névralgique du centre-ville. On s’étonne à ce stade de découvrir une ville au plan rigoureux avec des faux airs de villes du nord. Aucune trace de la présence des Maures ou du passé médiéval lisboète dans les élégantes rues de la Baixa. L’explication est simple : Lisbonne a été DOSSIER | Portugal et Madère FÀTIMA, UN PÈLERINAGE XXL Le sanctuaire de Fàtima est un autre lieu emblématique du Portugal qui nous montre à quel point le pays reste profondément marqué par la foi chrétienne. Il fut créé dans cette ville qui portait le nom d’une princesse arabe, après que trois enfants, bergers, eurent déclaré avoir vu la Vierge du rosaire apparaître et s’adresser à eux à trois reprises en 1917. Au vu de l’engouement massif de la population locale pour ce lieu qui devint un pèlerinage spontané, malgré leurs réticences initiales, les autorités religieuses ont décidé d’y construire une chapelle entourée d’une immense esplanade. Quelles que soient les convictions de ceux qui se rendent à Fatima, ils ne peuvent qu’être impressionnés par la foule qui s’y presse chaque jour pour y assister à des dizaines de messes multilingues. Chaque soir de l’année, un cortège composé de milliers de fidèles du monde entier portant des bougies s’ébroue et fait le tour de l’esplanade en suivant la statue de la vierge du Rosaire. En journée, on peut tout aussi bien s’émouvoir ou se désoler de voir des dizaines de croyants faire le tour de la chapelle à genoux, le visage déformé par la douleur, tandis que des dizaines de milliers de cierges sont jetés sans interruption dans d’immenses brasiers pour honorer la Vierge au rosaire.
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