Salaün Mag 8
Salaün Magazine | Page 56 est ici plus fraîche qu’en Bretagne, car le Gulf Stream n’atteint pas ses rivages –, et couverte de vignobles au sud. C’est à Guimarães, à quelques kilomètres de Briteiros, que furent écrites les pre- mières pages de l’histoire du Portugal moderne. L’inscription qui orne un des murs du centre-ville est d’ailleurs sans équivoque. « Ici est né le Portugal ». C’est en effet ici que le comte Alfonso Hen- riques défia l’armée de sa mère, Teresa de León, fille d’un roi de Castille, qui avait été contrainte de renoncer à l’autono- mie de son duché, le Portucale. Alfonso en sort victorieux, proclame l’indépen- dance du Portugal en 1139 et s’empresse de la faire reconnaître auprès du pape. Il sera aussi l’un des artisans de la recon- quête portugaise sur les Maures. Berceau du Portugal, Guimarães est aussi l’une des plus belles villes du pays, avec un cœur médiéval splendide. Les maisons à pans de bois et granit de la rue Santa Maria sont, à l’instar de tout le centre- ville classées au patrimoine mondial de l’Unesco. L’ensemble de la ville est un enchantement, avec un cœur médiéval splendide. Si Guimarães fut le centre po- litique du Portugal, sa voisine, Braga, en fut le centre religieux et même celui de toute la péninsule Ibérique. À tel point qu’on la surnommait la Rome portu- gaise. Comme à Guimarães, la religion reste très présente à Braga, notamment à travers les processions de la Saint-Jean ou de la semaine sainte. On y visite no- tamment la magnifique Sé, la cathédrale d’origine romane qui abrite les tom- beaux de Teresa et Henri de Bourgogne, les parents du premier roi Alfonso. Bra- ga est aujourd’hui une ville étudiante et animée dans laquelle il fait bon déam- buler entre quelques haltes consacrées à son riche patrimoine, notamment à ses superbes églises baroques. Des escaliers purificateurs Non content de disposer d’un tel patri- moine religieux, l’archevêque de Braga a ordonné la construction, au xviii e , d’un centre religieux baptisé sanctuaire de Bom Jesus. Il s’agit d’un double escalier monumental qui conduit à une église, au terme d’un parcours de purification que les pèlerins sont encouragés à faire à genoux. Que les plus mous du genou se rassurent, un funiculaire, le plus ancien de toute la péninsule Ibérique, permet de se hisser au sommet sans passer par le parcours de purification. En quittant Porto vers le sud, on longe l’Atlantique et ses rivages qui, au Por- tugal, forcent le respect tant l’océan y affiche sa puissance. Paradis des sur- feurs, la côte portugaise est une des plus exposées à la houle de la façade atlan- BRAGA PRIE... De Fàtima à Braga, le Portugal est familier des lieux de pèlerinages et des processions religieuses.
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