Salaün Mag 6
Salaün Magazine | Page 22 awayos, des pièces de tissu multicolore que les femmes nouent sur leur poitrine et qui servent autant à transporter les légumes que les nourrissons. Parmi les produits phares, le quinoa, une céréale cultivée depuis des millénaires sur les plateaux andins et des dizaines de variétés de maïs et de pommes de terre qui sont la base de l’alimentation traditionnelle péruvienne. Les Cusquéniens ne viennent pas seulement au marché pour y faire leurs courses, mais également pour déjeuner, à n’importe quelle heure, le plus souvent d’une soupe de poulet avec des pommes de terre et du riz. Autre détour, autre plaisir : le quartier de San Blas, sur les hauteurs de la ville. Autour de la petite église blanche du même nom s’étend une charmante place d’où s’échappent quelques ruelles tortueuses aux maisons blanches et aux balcons de bois bleu. Paisible le jour, cet ancien quartier d’artisans a vu s’installer depuis quelques années des petites pen- sions pour voyageurs, heureux d’échapper au tumulte du centre ville. La nuit, en revanche, il s’anime et les autochtones et les touristes savourent de concert le plaisir d’une bière locale ou d’un pisco sour, une eau de vie de raisin agrémentée de citron vert, dans des bars musicaux à l’atmosphère détendue. En cette fin du mois de juin, Cusco est en liesse. Demain, c’est Inti Rayni, la fête du soleil, la célébration la plus grandiose et solennelle de l’empire disparu. Elle coincide avec le solstice d’hiver et la fin des récoltes, qui marque le nouvel an inca. Pendant quatre jours, le centre ville accueille un immense rassemblement de danseurs habillés de vêtements multico- lores finement brodés, qui se déplacent au rythme des chants quechuas et des musiques traditionnelles andines. Partis du temple de Qoricancha, les cor- tèges traversent la ville. Des centaines d’acteurs y participent, représentant les quatre grandes régions du Tahuantinsuyo. Cette année, le rôle de l’Inca est interprété par le comédien cusquénien Alfredo Inca Roca. Arrivé sur la plaza de Armas, il consulte les feuilles de coca et invoque les dieux. Le défilé se dirige ensuite vers l’esplanade de Sacsayhuaman. Dans un décor grandiose, au milieu d’une foule de spectateurs, un lama est sacrifié et son sang répandu sur le sol afin de purifier la terre et d’éloigner les mauvais esprits. L’Inca exécute ensuite le rite de la chicha, qui tire son nom de celui de l’alcool de maïs fermenté. Il répand le contenu l’immense reseau de routes construites par les incas convergeait vers la capitale cusco En haut, le quartier de San Blas, communément appelé le « quartier des artistes ». En bas les ruines de la citadelle de Sacsayhuaman, sur les hauteurs de Cusco. On estime que 50 000 hommes ont travaillé pendant une cinquantaine d’année à sa construction. En haut, maisons blanches aux balconss de bois scupté, une des caractéristiques architecturales de Cusco. Ci-contre, dans les ruelles du centre ville, une jeune fille avec ses bébés lamas, animaux emblématiques, pose pour les touristes.
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