Salaün Mag 6

Salaün Magazine |  Page 21 aujourd’hui à la ville une partie de son âme. Une synthèse qu’on ne trouve pas seulement dans l’architecture, mais aussi dans le syncrétisme religieux qui fait son apparition avec l’arrivée du catholicisme. On en trouve un exemple édifiant sur un tableau représentant la Cène dans le chœur de la cathédrale, sur la plaza de Armas, bâtie sur l’ancien palais de l’Inca Viracocha. Le plat principal, disposé sur la table entre le Christ et ses disciples, n’est autre que le fameux cuy, le cochon d’inde qui est l’un des mets favoris des Péruviens. Cusco mérite un séjour d’une semaine, tant ses monuments historiques sont nombreux. Parmi eux, citons le couvent de la Merced. Déambuler dans les pièces et corridors qui entourent le très beau cloître permet de découvrir des dizaines de peinture de l’école de Cusco, des retables dorés à la feuille, des peintures murales aux symboles ésotériques et une orfèvrerie hors du commun, en particulier un célèbre ostensoir de vingt-deux kilos incrusté de pierres précieuses. Les amateurs d’art précolombien ne manqueront pas le Musée Inca, encore appelé Musée archéologique, qui illustre, à travers une impressionnante collection d’objets, poteries, tissus, outils, la vie quotidienne des population andines à travers les siècles. Sans oublier une salle très appréciée où l’on peut contempler, dans une boite réfrigérée, cinq momies incas en position fœtale. Mais c’est en vagabondant dans la ville qu’on s’imprègne le mieux de l’âme de Cusco. Par exemple au marché San Pedro, à deux pas de la place centrale. Les marchandes, actrices principales de ce temps fort de la vie quotidienne, y siègent, l’air grave et taciturne, au milieu de leurs produits. Devant elles, d’autres groupes de femmes aux tresses noires sous leurs chapeaux de feutre négocient âprement le prix des marchandises. Les paniers à provisions sont ici remplacés par les En haut, vue d’ensemble du centre historique de Cusco. A gauche, le couvent de Santo Domingo, construit sur les sousbassements du Coricancha, le temple du soleil. A droite, lors des cérémonies de l’inti Raymi, la fête du soleil, des jeunes défilent en portant la Whipala, le drapeau des nations andines.

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