Salaün Mag 6

Salaün Magazine |  Page 16 d’anciennes cabanes de pêcheurs trans- formés en gîtes et restaurants. Le décor est à couper le souffle mais pas l’appétit, rassurez-vous. A l’heure du café, un navire de croisière battant pavillon italien viendra, pour le plus grand bonheur des photographes, mouiller dans la baie. Il est temps de quitter les Lofoten. Non sans se poser une question. Peut-on encore les qualifier d’îles? Car nul besoin de prendre un navire – ou l’avion – pour les quitter et rejoindre le continent via l’archipel des Vesteralen ! Depuis six ans, la Lofast, diminutif de LOfoten et FASTland (terre ferme), est ouverte. Un magnifique axe routier où ponts et tunnels se succèdent. On descend ainsi parfois sous la mer tout en roulant confortablement. Décidément quand on n’a pas de pétrole, on peut avoir des idées. Mais quand on en a, on peut les concrétiser... Autre atout de ce périple estival au Nor- dland, c’est que nous n’arrivons jamais de nuit à notre hôtel. D’ailleurs, la montre devient presque superflue. En fin de jour- née, nous voilà donc à Harstad, petite ville de 23 000 habitants disposée en étages à partir du port et du magnifique hôtel « Thon » version locale. Le port de Harstad est l’un des 34 ports norvégiens desservis tout au long de l’année par les onze navires d’Hurtigruten. Ça tombe plutôt bien car demain matin on quitte le bus pour une journée afin d’embarquer à bord de l’Express Côtier MS Midnadsol. Cap au nord sur le comté de Troms, celui du soleil de minuit et des aurores boréales. Cap sur Tromso plus précisément, que l’on devrait atteindre au bout de six heures de navigation. Beaucoup de grands voyageurs affirment que la flotte Hurtigruten offre l’un des plus beaux voyages en mer du monde en permettant à ses passagers de découvrir au fil des saisons les paysages exceptionnels du littoral norvégien. Cet Express Côtier qui fait tant rêver Ce qui est sûr, c’est qu’au gré de 120 ans d’exploitation (fêtés par la société l’an dernier), l’Express Côtier, imaginé alors par le Capitaine Richard With a gagné ses lettres de noblesse. Hurtigruten (de hurtig ruten, route rapide) dispose de onze bâtiments qui longent quotidiennement la spectaculaire côte de Norvège de Bergen à Kirkeness en desservant au passage trente-deux autres ports. Les navires transportent à la fois des touristes et des locaux de port en port, et assurent le fret. Véritable cordon ombilical du royaume, la ligne de l’express côtier est un modèle du genre en terme de pro- fessionnalisme de l’équipage et de service rendu. Tout est parfaitement huilé, minuté et lors des escales l’on reste béat devant le peu de temps que prennent chargement et déchargement. A peine installés à bord, notre navire prend le large. Les salons sont confor- tables et permettent de contempler en toute quiétude les magnifiques paysages qui défilent tant à bâbord qu’à tribord. De passes en fjords étroits, la progression semble inexorable. Sur le pont supérieur, malgré une température plutôt basse pour la saison, quelques courageux profitent du jacuzzi. Avant de faire une rapide escale à Finnsnes, le MS Midnatol se faufile et passe si prés de la côte que l’on a l’impres- sion d’entendre les conversations des habitants du littoral! Bientôt, à peine terminé le copieux déjeuner servi, on aperçoit les premiers bâtiments de Tromso, la cité arctique. Située quasiment à 70° de lati- tude nord, c’est la ville point de départ des expéditions polaires et de la chasse arctique depuis plus de cent cinquante ans. Ici, tout semble relever du record : La cathédrale ? La plus septentrionale du monde. L’université? Idem. Ce qui est certain par contre c’est que cette cité de 65 000 habitants déborde d’activités culturelles et nocturnes. Et qu’il paraît impossible de compter le nombre de ses bars et restaurants. A tel point qu’elle a gagné le surnom de « Petit Paris du Nord »... La Mackol, la bière la plus populaire du pays, est brassée ici. Et contribue à n’en pas douter à l’ambiance chaleureuse et festive qui prédomine, comme nous avons pu en juger au Olhallen, le pub de la brasserie … la plus septentrionale du monde. Mais il n’y a pas que les amateurs de bière qui se régalent à Tromso. Les adeptes d’expéditions et autres amoureux des régions arctiques ne manqueront pas la visite de Polaria, un espace à la fois parc d’attractions, musée et centre d’études. Ni le Polarmuseet qui, dans une ancienne maison des douanes classée monument historique, retrace parfaitement les expé- ditions d’Amundsen. Après 22h, alors qu’un magnifique soleil inonde encore les terrasses des bars situés L’Express Côtier d’Hurtigruten, une balade de rêve au fil des fjords et des paysages grandioses de la Norvège.

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