Salaün Mag 6

Salaün Magazine | Page 15 Pays-Bas et la Suisse réunis, les habitants empruntent les ferrys comme les parisiens le métro. Ils sont toutefois beaucoup moins nombreux que ceux-ci puisque l’on estime que sur ce territoire qui couvre un tiers de la superficie du royaume vivent moins de 500 000 personnes. Peu de temps après avoir quitté Mo I Rama, nous parvenons au Cercle Polaire Arctique. 66°33’, nous y voilà. Avouons le, sous un ciel gris et des rafales de pluie, le site n’a rien d’enchanteur. Même si le paysage de toundra qui l’entoure lui confère une certaine aura. Le « Polarsirkelen » norvé- gien propose bien un petit musée mais surtout une boutique de souvenirs bien achalandée, une cafétéria et des toilettes. La boîte aux lettres qui oblitère vos cartes postales avec le cachet du cercle polaire remporte toujours un franc succès. Et si vous le demandez avec le sourire, c’est ce même cachet qui viendra honorer une page de votre passeport pour attester de votre passage! Le temps d’un déjeuner à Fauske et d’une petite sieste réparatrice – et digestive – dans le confortable siège de notre autocar et nous voilà dans le petit village côtier de Skutvit. Sur la jetée, au bout du quai, il y a bien un semblant d’embarcadère et une barrière, mais nulle âme qui vive et pas le moindre employé de la compagnie de ferry. En fait, tout s’anime lorsque notre navire se pointe et qu’à partir du bord un marin s’active télécommande en main. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, le bateau accoste, l’autocar embarque et ses passagers devenus piétons eux aussi. Direction les Lofoten pour deux heures de navigation, avec au passage un petit arrêt dans la minuscule île de Skrova sortie tout droit d’une carte postale. Les lumières ensorcelantes des Lofoten décrites par tant de conteurs et d’écrivains ne sont pas vraiment au rendez vous en cette fin de journée. Le ciel est bas, de gros nuages noirs menacent mais le tout confère un cachet exceptionnel à ces îles classées parmi les plus belles du monde selon le magazine anglais The Observer. Situé un peu au large, cet archipel en retrait du monde se veut résolument sauvage et authentique. Depuis des siècles, la morue et le cabillaud arctique constituent la base de l’économie locale. Pêchés en hiver, les poissons finissent sur des claies, de grands séchoirs disposés devant les immuables maisons de pêcheurs. Les Lofoten, ce sont des montagnes et des pics qui viennent se noyer dans des eaux turquoises. La météo – on aura encore l’occasion de le constater – y est changeante. C’est à Svolvaer que nous débarquerons. Il s’agit en fait de la principale ville des Lofoten, blottie au pied d’une curieuse montagne appelée « la chèvre », son som- met ressemblant aux cornes de l’animal. Jadis entièrement consacrée à la pêche, son activité se tourne de plus en plus vers le tourisme. La taille, le confort et la qualité de l’établissement de la chaîne hôtelière « Thon » qui nous accueille, attestent de la réussite de la reconversion de ce gros bourg... Les Lofoten et le cortège d’îles qui les constitue, s’étirent sur prés de 200 km du nord au sud. Elles ne sont peuplées que de 24 000 habitants permanents et disposent d’un réseau et d’infrastructures routières impressionnants. Grâce à la manne pétrolière encore une fois. Un pétrole qui a d’ail- leurs failli causer la perte de cette région sanctuaire. Les grandes compa- gnies y ont en effet décelé de l’or noir, juste au large! Heu- reusement, en 2011 le gouvernement norvégien a interdit tout forage jusqu’à nouvel ordre. Nous aurons la chance de parcourir durant toute une journée ce petit paradis composé de plages de sable blanc, de prairies et pâturages, de montagnes sculptées et façonnées par les glaciers. Une pause à Henningsvaer, pittoresque et coloré village, et l’on pour- suit notre découverte vers Stamsud et Mortsund enfin accompagnés par quelques rayons de soleil. La pause déjeuner aura pour cadre aujourd’hui les Rorbuer de Statles Ror- busenter, autrement dit un bel ensemble Les Lofoten : un incomparable archipel sauvage et authentique, à déguster sans modération En haut, les claies, de grands séchoirs en bois qui servent à recevoir morues et cabillauds capturés par les pêcheurs des Lofoten. En bas, prés de Honningsvag, porte du Cap nord, rencontre avec de fabuleux crabes géants pour une savoureuse dégustation.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTg1ODM2Mw==