Salaün Mag 6
Salaün Magazine | Page 17 sur le quai, l’envie nous prend de monter, avec l’aide précieuse du téléphérique, au sommet du Storsteinene, la montagne qui domine la ville. Mais est-ce bien sérieux? Demain, nous arrivons au Cap Nord. Et promis, juré, on attendra minuit pour dire bonjour au soleil. Une nuit blanche au bout du bout de l’Europe, mieux vaut être en forme pour la vivre. Cap Nord, le bout d’un beau voyage Au lever, la météo a de nouveau fait des siennes. Au ciel bleu et au soleil radieux d’il y a quelques heures à peine ont succédé un ciel gris et des averses. Pour remonter jusqu’à Honningsvag, la ville portuaire la plus proche du Cap nord, il va nous falloir préalablement avaler 500 km à travers le Finnmark. Et encore, notre autocar ¬¬– que nous avons réinvesti avec un certain plaisir – s’économisera quelques dizaines de kilomètres supplémentaires en effectuant deux rapides et confortables traversées en ferry. Passée Alta, la grande ville du comté, la route qui mène aux confins du vieux continent permet de découvrir des éten- dues verdoyantes, des petits ports de pêche et parfois, au détour d’un virage quelques rennes, pas affolés du tout. Nous aurons finalement oublié les gravures rupestres d’Alta, vieilles de 6 000 ans, et pas prêtes de disparaître, pour honorer un rendez- vous important. Imaginez-vous que pour patienter, attendre cette nuit qui ne viendra pas et cette heure fatidique de minuit, nous passerons notre temps à déguster de fabu- leux crabes géants. La prestation proposée par ces pêcheurs a été entièrement pensée et conçue pour des touristes. Mais cela n’enlève rien à la chaleur de l’accueil et à celle du feu de bois qui crépite sous le « lavvu », la tente traditionnelle sous laquelle nous sommes installés. Chacun peut à sa guise sacrifier à la traditionnelle pose safari en tenant l’une de ces mons- trueuses pièces. Et franchement, la mise en garde de certains de nos amis nous expliquant que ces crabes géants pêchés du côté de Mourmansk s’étaient généreusement nourris des rejets radio-actifs de la flotte militaire soviétique ne nous a pas empê- ché de profiter pleinement de ce dîner particulier. Il était temps alors de rejoindre notre hôtel à Honningsvag. Située sur l’île de Mageroya reliée au continent par un tunnel sous-marin de 6 km, la petite ville se trouve à mi-distance entre le Pôle Nord (2 110 km) et Oslo (2 119 km). Son port est l’un des plus importants de la Norvège du nord. C’est surtout rien de moins que le second port de croisière du pays car en période estivale on ne compte plus les paquebots qui déversent leurs flots de passagers désirant se rendre au sommet de la fameuse falaise du cap nord. Alors qu’au même moment en France, de fortes températures accompagnent les coureurs cyclistes de la Grande Boucle, c’est chaudement vêtus que nous entre- prenons le dernier petit bout de notre longue escapade norvégienne. Trente six kilomètres et une montée sur le plateau pour le moins impressionnante. La chaussée grimpe en lacets à travers un paysage lunaire d’où toute végétation est absente. Et au bout nous y voilà! A 71° de latitude nord... Autant vous l’avouer, le soleil de minuit n’est jamais arrivé ce jour là. C’est à peine d’ailleurs si, de l’inté- rieur du bruyant et gigantesque centre des visiteurs, nous avons pu distinguer le célèbre monument du globe. Le « Nordkap- phallen », ses boutiques, ses restaurants, ses expositions, ses attractions, sa cha- pelle et... son bureau de poste, n’est en fait qu’un grand centre commercial dont l’entrée est payante… Les norvégiens ne s’y sont pas trompés car ils savent que bon an mal an, près de 200 000 visiteurs se présentent ici. Mais nonobstant ce constat, la magie opère, même si les Dieux du ciel n’ont pas voulu, ce jour-là, être de la partie. Reste à espérer que le 14 août prochain, ils se montreront plus cléments avec les coureurs de l’Artic Race of Norway, la nouvelle épreuve cycliste profession- nelle imaginée et organisée par A.S.O, le principal opérateur mondial du tourisme. Pour la seconde édition de cette épreuve déjà mythique qui emprunte routes, tun- nels et viaducs du Nordland, Christian Prudhomme et ses partenaires norvégiens ont en effet prévu de faire disputer l’arri- vée de la première étape... au Cap Nord ! Sous le soleil de minuit? Retrouvez nos circuits Scandinavie dans notrecatalogueNordiska2014ousur lesite www.salaun-holidays.com Nous y voilà ! le Cap Nord et son soleil de minuit attirent chaque année près de 200 000 visiteurs.
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