Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 78 Bienvenue en Albanie ! Il y a des endroits et des moments où l’on vou- drait que les kilomètres s’allongent. C’est le cas entre Dubrovnik et Tira- na. Un peu plus de trois cents kilomètres qui longent la côte adriatique en faisant un petit détour par les bouches de Kotor, au Montenegro. C’est tout simplement fabuleux. Du premier au dernier kilomètre, il n’y a rien à jeter. Au bout de quelques virages vous dominez déjà Dubrovnik et son cœur de pierre. Un dernier coup d’œil dans le rétroviseur et vous filez vers le Montenegro, petit pays mystérieux et discret dont la façade maritime est de toute beauté. Avec les bouches de Kotor, bordées de hautes mon- tagnes arides ; puis la baie de Budva et sa magnifique petite île de Sveti Stefan, couverte de maisons aux tuiles rouges, et qui abrite désormais un hôtel de grand luxe. Le passage de la frontière s’est fait en toute simplicité, par un chemin de traverse, à un poste qui ne doit pas voir plus de dix voitures par jour. Il fait grand soleil et le mercure flirte avec les 30°. Et on se dirige ainsi doucement, par une route en corniche, vers la secrète Albanie. L’entrée dans ce pays marque une vraie rupture avec les pays traversés depuis Brest. La campagne est pauvre, les chevaux sont encore au travail et dans les rues des villes les mendiants s’accrochent aux voitures arrêtées aux feux rouges. […] Il est près de 23 heures quand nous arrivons à Tirana. La capitale albanaise est plongée dans le noir et il faut être vigilant dans les rues mal éclairées où circulent piétons et animaux. Mais c’est déjà un vrai bonheur d’être dans le « Pays des aigles ». Il y a quelques années encore, il était risqué et très difficile de se hasarder en Albanie. Aujourd’hui le pays s’ouvre et entretient de bons rapports avec ses voisins. L’aigle albanais a la plume douce. Pour ne rien vous cacher, on appré- hendait un peu cette étape albanaise. Son enfermement durant des décennies, sa réputation de violence moyenâgeuse ne faisait pas de ce pays une destination attractive, même si la curiosité pouvait vous inci- ter à en pousser les portes. Comme quoi il faut toujours se méfier des préjugés : l’Albanie est un pays extraordinaire et son peuple l’un des plus aimables et des plus accueillants qui soit. La capitale, Tirana, ne possède aucun charme particulier. Elle semble avoir été construite dans le désordre et aligne, dans un style soviétique improvisé des immeubles bricolés un peu tristes. Mais depuis que le pays s’est ouvert, les rues de la ville ont trouvé une nouvelle vie et les lumières du monde moderne lui apportent une touche de couleur. Certains quartiers totalement fermés, autrefois réservés aux palais présidentiels et gouvernementaux, sont devenus des quartiers branchés, conquis, comme par provocation, par une jeunesse albanaise qui respire avec gourmandise cet air de liberté. Même si l’Albanie a du mal à se remettre d’un demi-siècle de commu- nisme borné qui a détruit son économie et saccagé son agriculture, les Albanais sont fiers de leur pays et heureux de pouvoir en parler aux visi- teurs accueillis à bras ouverts… Extrait du carnet de route >>>>> >>>>> >>>>> 12 et 13 mai. Croatie-Albanie, Dubrovnik-TIRANA « Il y a quelques années encore, il était risqué et très difficile de se hasarder en Albanie. Aujourd’hui, le pays s’ouvre et entretient de bons rapports avec ses voisins » Sur la route, dans le nord de l’Albanie. L a nuit est tombée sur Qing- dao. A une quarantaine de kilomètres du port, dans un bar, les français de cette ville ont invité les participants au raid à présenter un diaporama et une conférence sur le raid. La voix de Jean Lallouët commentant les images qui défilent trahit l’émotion de revoir ces visages amis croisés au fil des kilomètres, ces pays devenus familiers, ces chemins de terre ou de pierre, ces coups durs et ces coups de cœur défiler sur l’écran. Etonnant de découvrir que lorsqu’on est en Chine, l’exotisme, l’ailleurs, c’est là-bas, vers l’Ouest, vers le milieu, la Mongolie, la Sibérie, le Kazakhstan ou le Kyrghistan. Là-bas… d’où nous sommes venus. Sur le port, une torche balaye la rangée de conteneurs où sommeillent les véhicules du raid. Rien à signaler. L’Amarok, qui signifie « grand loup solitaire » dans la langue des Inuits, replonge dans ses souvenirs. Direction l’Albanie…
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