Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 79 L es quotidiens de Qingdao ne sont pas livrés dans les containers du port. L’Amarok et le Defender n’auraient de toute façon pas pu le lire, ce journal du matin où il figure en première page…en héros. La «Une » du journal régional, au nom imprononçable, tiré à plusieurs mil- lions d’exemplaires, ouvrait sur « L’arrivée des héros du grand raid Brest-Qingdao ». Malgré ses quatre raids au compteur, Jean n’en revient pas. Jamais on n’avait réservé un tel accueil aux véhicules arborant les couleurs de Salaün Holidays. Il faut dire que Brest et Qingdao, deux grands ports, sont copains comme cochons et suivent de près leurs projets de développement respectifs. Mais les pensées de « Boris » l’Amarok et de son compagnon le Land Rover, baptisé « choupette » par Jean pour titiller son pilote, sont bien loin des fêtes maritimes de Brest 2012 et des Floralies 2014 de Qingdao, qu’évoquent les deux maires et l’équipage du raid lors d’un somptueux repas. Après les Météores et le mystérieux mont Athos, en Grèce, la chaleur de deux nuits passées à Istanbul, puis Ankara, Boris pique un phare en se revoyant englué dans la croute rugueuse des rives d’un lac salé sur la route de Cappadoce. Dans le rétroviseur, on devine les deux Jean, Lallouët et Beverragi, Didier, Igor, Mert et Yann qui s’affairent autour du treuil… La Cappadoce. Un nom magique qui suscite des images de paysages étonnants, plantés là par un architecte facétieux, dans lesquels se cô- toient des montagnes majestueuses et colorées et, ici et là, des sculp- tures qui constituent une sorte de Disneyland réussi, sans vulgarité. La réalité est mille fois plus belle, mille fois plus impressionnante. Pour découvrir ce grand parc naturel, notre base de Nevsehir est idéale. La ville est la porte d’entrée aux différents circuits qui parcourent un terri- toire peu étendu, mais qui tourne bien vite au labyrinthe. Parc naturel, la Cappadoce n’est pas pour autant un endroit fermé. Chaque année, des dizaines de milliers de visiteurs s’y précipitent, sans que cela soit réellement pesant. D’abord parce que les richesses du site sont tel- lement immenses et variées que si l’on se marche sur les pieds c’est qu’on le veut bien. Chaque petite ville – Uchisar, Urgup, Göreme… – possède son propre patrimoine ; chaque vallée offre ses particularités : des habitations troglodytes, des cheminées de fée, des citadelles aménagées par l’homme dans des massifs déjà préparés pour ce rôle par la nature, des couvents ou des petites églises cachées dans des rochers anonymes… Ensuite, parce que la Cappadoce n’est pas un musée. Elle déborde de vie. Les champs y sont cultivés, les vergers et les vignes soignés ; d’immenses salles creusées dans la roche servent de chambres froides pour les citrons, conservés dans des conditions idéales de tempé- rature et d’hygrométrie et à des coûts imbattables. Pour découvrir ce monde merveilleux, le visiteur a plusieurs moyens à sa disposition : depuis les montgolfières qui, dans le silence du matin, par dizaines, survolent les crêtes et les vallées, jusqu’à la bonne paire de chaussures de randonnée, en passant par le cheval ou plus prosaï- quement, le car. Nous, nous avons tout simplement choisi nos deux 4x4. Pendant toute la journée Boris et Choupette s’en sont donné à cœur joie dans les petits chemins, les sentes secrètes qui, à l’écart des routes, conduisent jusqu’à des points de vue à d’autres inaccessibles. Précision importante : ces escapades se font en toute légalité sur des parcours répertoriés et bien définis, qui préservent la nature. Extrait du carnet de route >>>>> >>>>> >>>>> >>>>> >>>>> 21 mai. TURQUIE : LA CAPPADOCE En haut, «cheminées de féees» typiques du paysage de la Cappadoce. En bas, les citrons cultivés localement sont conservés dans des grottes naturelles où la température est idéale. A 150 kilomètres d’Ankara s’étend le plus grand lac salé de Turquie, le lac Tuz Golu, une véritable mer qui donne envie d’approcher sa rive pour immortaliser un aussi beau moment par une photo.
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