Salaün Mag 5

Salaün Magazine | Page 70 magnifique sur le Tibre et le Vatican. A deux pas de l’église, quelques curieux ne manquent pas de jeter un coup d’œil à tra- vers le trou de serrure du prieuré de l’Ordre de Malte : on y découvre à l’horizon, la gigantesque basilique Saint-Pierre de Rome, parfaitement alignée à l’extrémité d’une allée fleurie de roses. Ce lieu insolite ajoute encore à l’impression d’avoir percé dans le Testaccio et l’Aventin le secret d’une Rome pudique, authentique et qui ne s’offre pas au premier venu. Mémoires d’Outre-Tibre J’ai pris de la vitesse en longeant le Tibre et choisi de le traverser par l’île Tibérine, au milieu du fleuve. C’est un des points de franchissement vers le quartier de Trastevere, « Au-delà du Tibre ». Dans la longue liste des merveilles romaines, ce quartier est aujourd’hui assurément en tête de liste. Prisé il y a une vingtaine d’années encore pour son côté populaire et authentique, Trastevere s’est quelque peu embourgeoisé et a subi une cure de jouvence. Un lifting qui n’a pas échappé à la curiosité des visiteurs. Ils n’hésitent plus à franchir le fleuve pour se perdre dans ses charmantes ruelles, ses places qui abritent de petites trattorias et de charmantes églises comme celle de Santa Maria della Scala. A l’écart du centre ville, Trastevere a gardé de nombreuses demeures médiévales, des rues pavées et un côté rustique attachant. Le soir tombé, ses ruelles tortueuses attirent les fêtards qui y trouvent une kyrielle de petits bars aux terrasses bruyantes. De bon matin ou tard le soir, lorsqu’on le découvre sous l’éclairage orange qui rappelle celui des torches d’antan, se perdre dans les ruelles tortueuses de Trastevere est un régal. Ali- gnement de deux-roues, linge pendu aux fenêtres, vignes poussant sur les toits ter- rasses, câpriers qui surplombent les ruelles aux enduits colorés… Paradis des bobos romains, le Trastevere n’a plus grand chose à voir avec les bas-fonds décrits par le poète du quartier, Trilussagarde. Il garde cependant un peu de son côté canaille, entretenu par certains cafetiers qui emploient encore l’argot local. En selle, je remonte du Trastevere vers la corniche arborée de la colline du Janicule, qui offre de superbes panoramas sur Rome et promet des pauses à couper le souffle, devant la fontaine Fontana dell’Acqua La piazza Mincio et les excentriques palais de l’étonnant quartier de Coppede, où se marient tous les grands styles architecturaux historiques de Rome. La façade de l’Eglise Saint-Yves-des-Bretons.

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