Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 69 d’une grande villa à l’arrière de l’hôtel de ville indiquent que le propriétaire du bâti- ment, Silvio Berlusconi, est à domicile… Je continue à filer vers le Capitole, ce vaste amphithéâtre qui pouvait accueillir soixante-dix mille personnes ; ce monu- ment partiellement ruiné qui donne encore la mesure de la puissance de l’empire romain, au moment de son inaugura- tion, en 70. A deux pas de cette arène où s’affrontaient notamment les gladiateurs, le Forum antique, centre économique, politique, judiciaire et financier de Rome pendant des siècles est aujourd’hui encore un des sites les plus visités de la cité. On y découvre les ruines de nombreux temples, détruits par les incendies et les pillages. Certains bâtiment comme la Curie, centre du pouvoir politique ont été reconstruits. Centre politique, judiciaire mais aussi religieux, le forum romanum — il existait d’autres forums dans la ville — était aussi un lieu de commerce. Les arcs de Septime Sévère et de Titus sont particulièrement bien préservés. Le sont également la Curie, siège du Sénat romain, construit par Jules César et reconstruit au IVe siècle et le siège des archives romaines, le Tabularium. Le relief escarpé du forum magnifie la concentration et l’enchevêtrement de ruines, de basiliques et de temples qui lui donnent tout son caractère. La Vespa me permet de le longer pour en prendre toute la mesure. Autre arrêt devant le Circus Maximus, le plus ancien et plus vaste hippodrome de Rome. « UnE colline constituée de cinquante millions de tessons de bouteilles » Etonné par la fluidité de la conduite – les deux roues ont ici vraiment droit de cité - je file le long de l’avenue qui mène à la pyramide de Cestius, construit quinze siècles avant notre ère et incluse par la suite dans le mur d’Aurélien. A deux pas de ce monument, c’est dans un havre de paix, en terre « non-catholique », par opposition au centre et au Saint-Siège, que se trouve le charmant cimetière pro- testant de la cité, arboré par des cyprès séculaires. On y trouve notamment les tombes des poètes romantiques anglais Shelley et Keats. Je poursuis ma route vers le sud et le quartier de Testaccio, bâti autour de la huitième colline de Rome faite d’une cinquantaine de millions de tessons d’am- phores en provenance du port sur le Tibre ! Avec San Lorenzo, le quartier étudiant qui jouxte l’université de la Sapienza, Testaccio est l’un des quartiers très branchés de la capitale, moins fréquenté par les touristes que le Trastevere, par exemple. De nombreux bars et restaurants ont été creusés direc- tement dans la colline d’amphore. Le quartier est connu pour sa vie nocturne mais aussi ses restaurants de viande car il abritait jusque dans les années 1970 les abattoirs de Rome. Ils ont été transformés en une galerie d’art connue dans tout le pays, le Macro, ouverte le soir. Elle fait face au marché le plus réputé de la ville. Entre le Tibre et la colline, les rues en damier du Testaccio permettent de goûter à l’atmosphère d’une Rome authentique, populaire, où se nichent de petits cafés, où l’on vient faire ses courses dans une vieille épicerie, où l’on prend l’air sur une place ombragée, loin du tumulte du centre ville. Sous le charme authentique de la découverte de Testaccio, ma Vespa remonte tranquillement la colline de l’Aventin, qui surplombe un des quartiers les plus paisibles de la cité. A son sommet, le jardin des orangers de l’église paléo- chrétienne de Sainte-Sabine offre une vue Façades aux enduits colorés dans le charmant quartier de Trastevere, de l’autre côté du Tibre.
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