Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 54 A HAVANA VIEJA, ON A RÉUSSI LE PARI DE RÉHABILITER LE QUARTIER SANS DÉLOGER LES HABITANTS. accélération en 2011 sous l’impulsion de Raul Castro, tant au niveau du nombre de licences que de leur variété. Cap sur le quartier du Vedado et le mémo- rial Jose Marti, qui surplombe la place de la Révolution. La vue du haut du mirador offre une jolie perspective jusqu’à la mer. Sur la façade du ministère de l’intérieur, un immense portrait de Che Guevara en fil de bronze surmonte l’inscription «Hasta la victoria siempre ». C’est sur cette place immense qu’on célébra la révolution et depuis 59, elle est le lieu de toutes les parades militaires et les grandes mani- festations du régime. La voiture poursuit son chemin vers la Rampa, la calle 23 du Vedado. Contras- tant avec le centre, le Vedado est taillé à l’américaine, avec des avenues plus larges, à angle droit, bordées d’hôtels particuliers en plus ou moins bon état et de nom- breuses boutiques. Mon regard est surpris par une file d’attente immense à l’entrée d’un parc. « Les gens attendent l’ouverture du glacier Coppelia », m’explique Javier, qui m’accompagne pour ce voyage. Mais pourquoi tant de monde ? « Parce que les glaces sont les meilleures de la ville ! Et surtout parce qu’on les paye en pesos nationaux. » Quand je lui demande ce qu’il trouve de positif dans son pays, il me répond sans hésitation : « La tranquillité. Mes gosses peuvent sortir le soir, je sais qu’il ne leur arrivera rien. Et aussi notre système de santé et d’études gratuites. Même si la qualité des études tend à s’affaiblir et si les meilleurs médecins sont souvent envoyés à l’étranger, comme par exemple au Vénézuela, dans le cadre de l’échange santé contre pétrole ». Rendez-vous sur le Malecon Au bout de la Rampa, c’est la mer. Arrêt obligatoire à l’hôtel National, ne serait ce que le temps d’un café, afin d’admirer son parc magnifique, ou de fouler, sous les riches boiseries du pla- fond, l’immense hall qui a vu passer Ava Gardner, Marlon Brando ou Winston Churchill. Et puis nous retournons vers le centre, en longeant le Malecon, le front de mer le plus célèbre de Cuba. Construit en 1901 pour protéger la rive des assauts des vagues et des vents du nord, il relie le Vedado à la Havana vieja. Si pendant la journée, la longue esplanade est rela- tivement calme, parcourue seulement par quelques promeneurs, des pêcheurs qui cherchent à améliorer l’ordinaire et des groupes d’enfants sautant dans les vagues, il n’en va pas de même à la tombée du jour, en particulier les fins de semaine. Là, ce sont des centaines de Cubains, ceux qui n’ont pas les moyens d’aller dans les disco- thèques à la mode, qui se rassemblent pour faire la fête et partager quelques bouteilles de rhum. La salsa a été depuis quelques En haut, une session musicale dans le quartier du Vedado. En bas, la place de la cathédrale, dans Habana Vieja. En haut, la place de la Révolution, depuis le mirador Jose Marti. Ci-contre, la plaza Vieja, au cœur de Habana Vieja. En bas, le Malecon.
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