Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 55 Le Malecon, front de mer de 8 km de long où les Cubains aiment se promener, pêcher ou se baigner. Le samedi soir, il devient le lieu de rendez-vous de la jeunesse havanaise. années détrônée par une nouvelle danse à la mode, le Reggaeton. Lascive, sensuelle, torride même, elle distille de surcroît des messages politiques assez radicaux que le régime voit d’un très mauvais œil, au point d’essayer de l’éradiquer. Au cœur de Habana Vieja, impossible de rater la Bodeguita del Medio. Cette ancienne épicerie devenue restaurant a vu passer des artistes et intellectuels du monde entier, dont les photos et signatures ornent les murs. De Nat King Cole à Neruda, de Garcia Marquez à Hemingway, qui venait y déguster ses Mojitos, le «cocktail natio- nal» cubain. Havana Vieja, le plus grand quartier colonial d’Amérique latine, doit impérativement se découvrir à pied, de place en place, de ruelle en ruelle. C’est un lieu de vagabondage. Admirablement rénové, il ravira les amateurs d’architecture avec ses palaces du xvii e , transformés en musées ou en hôtels. Particulièrement animé, le quartier affiche son dynamisme culturel à travers des galeries d’art, des lieux de spectacles, des écoles de danse, et depuis quelques années, des restaurants branchés. On dénombre plus de trois mille bâtiments d’une haute valeur patrimoniale sur les quatorze hectares de Habana vieja et sa réhabilitation, initiée en 1994, s’est faite sans contraindre les habitants à quitter leur logement. Une boutique d’état où les Cubains peuvent, avec la libreta, le carnet de rationne- ment, retirer chaque jour ou chaque semaine les aliments de base, tel le riz, les haricots, le café, etc. C uba a deux monnaies. Le peso national et le peso convertible (CUC), qui a remplacé le dollar depuis 1994. Indexé sur le dollar, Le CUC vaut environ 24 pesos nationaux. L’accès au peso convertible est la clé pour s’en sortir. Les salaires cubains s’échelonnent entre dix et trente euros mensuels, payés en pesos nationaux. Chaque citoyen reçoit une libreta, un carnet de distri- bution qui permet d’accéder à des prix très bas, dans les magasins d’État, aux denrées de première néces- sité, comme le riz, le café, le pain, le sucre, les hari- cots noirs, un peu de viande, mais dans des quantités insuffisantes pour assurer une alimentation mensuelle. La nourriture, les produits d’hygiène, les vêtements et fournitures pour les enfants doivent s’acheter au mar- ché noir, ou dans des boutiques privées, au taux de change du CUC. Cela représentent une grosse dépense pour les Cubains et nourrit leur angoisse quotidienne. La libreta, le carnet de rationnement
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