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Salaün mag | Page 90 ESCAPADE | LES PAYS BALTES Un peu d’histoire Une profonde soif de liberté Soumis par les Allemands, les Lives donneront leur nom à l’ordre Livonien, qui conquiert une bonne partie de la Lettonie et de l’Estonie. Il fera des Lettons et des Estoniens des serfs, à la différence des Lituaniens, qui parviendront à fonder leur État avec l’aide de la Pologne. En Lettonie et Estonie, les Allemands fonderont donc un système colonial qui laissera sa marque dans la société. On y trouve notamment des centaines de manoirs et riches fermes où travaillaient une paysannerie locale non éduquée et pauvre. C’est une colonie suffisamment riche pour attirer les convoitises et provoquer les guerres livoniennes, dans lesquelles interviennent Polonais-Lituaniens, Suédois et autres Russes, qui prennent tour à tour possession de certaines parties du pays. À partir de 1700, la Russie impose sa domination, sauf sur le duché de Courlande et la Sémigalie, qui se placent sous influence polonaise. Après le temps des tsars et la Première Guerre mondiale, l’Estonie deviendra pour la première fois indépendante et le restera jusqu’en 1939. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Allemands et Russes passent et repassent dans la région et déportent tour à tour des Lettons et les Juifs du pays. En 1945, la République socialiste de Lettonie, membre de l’URSS, voit le jour sur fond de russification brutale et de nouvelles déportations massives vers la Sibérie. En août 1989, c’est de Hongrie mais aussi des pays Baltes qu’a été lancé le mouvement qui mènera à l’écroulement du bloc de l’Est. Deux millions de personnes se tenant la main formèrent alors une spectaculaire chaîne humaine de Tallinn à Vilnius, annonçant le réveil des peuples soumis à l’URSS. Deux ans plus tard, c’est à la faveur du putsch de 1991, à Moscou, que les pays Baltes déclarent leur indépendance, trois mois avant la dislocation de l’URSS. Mais la question russe – et notamment le statut des Russes vivant depuis des décennies dans ces pays – reste épineuse. Nombreux sont les russophones qui ont toujours un passeport «gris », ni russe ni letton, et qui se considèrent comme citoyens de seconde classe dans ces pays qu’ils dominaient autrefois. Ci contre : vue sur le cœur de Riga, depuis le clocher de l’église Saint-Pierre.
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