salaun-mag-13
Salaün mag | Page 66 UN TOUR EN VILLE | Bucarest une Étonnante ricHesse patrimoniale Un traitement de choc qui permet au voyageur de profiter de l’après-midi pour explorer le centre de la ville. Quelque peu miraculée, Bucarest panse les plaies de son histoire tumultueuse depuis près de trente ans et y réussit plutôt bien. Quelques pas dans la capitale suffisent à s’en convaincre et constater que, contrairement aux idées reçues, Buca- rest n’est pas qu’une cité festive, bigarrée et hétérogène, elle possède aussi un riche patrimoine. Détruite par les bombardements améri- cains en 1940, elle a aussi subi un grave tremblement de terre en 1977. Si l’on ajoute à ces calamités le manque de moyens et d’intérêt pour le patrimoine dont elle a souffert pendant la période communiste et les destructions de vastes quartiers historiques du centre à l’ère Ceauşescu, on s’attend au pire. Pour- tant, lorsqu’on prend le temps d’arpenter ses boulevards, on s’aper- çoit que les bâtiments de prestige, construits en style néo classique et Art nouveau aux XiX e et XX e , se comptent par dizaines et qu’elle a gardé le côté « Petit Paris » qui a fait sa réputation. FrancopHile et FrancopHone La ville fit en effet venir de nombreux architectes de France, comme Albert Galleron, Xavier Villacrosse, Philippe Bradeau ou Paul Gottereau. En l’espace d’un week-end à Bucarest, on comprend rapidement pourquoi la Roumanie est un pays membre de la francophonie. Partout des noms de rues, des panneaux, des statues, comme celle du général de Gaulle, évoquent les liens politiques et culturels entre la Roumanie et la France, qui remontent au XViii e siècle. Fin XiX e , la France a aussi soutenu l’union de la Valachie et de la Moldavie pour former la Roumanie, et, après la Première Guerre mondiale, le rattachement de la Transyl- vanie, un ancien morceau du royaume de Hongrie. Aujourd’hui encore, on estime qu’un quart des Roumains parlent français, même si c’estmoins vrai chez les jeunes. La langue roumaine, influencée par ses voisines slaves, a elle-même largement été « re-ro- manisée » en s’appuyant sur le français. Parmi les plus belles réalisations, on peut citer des édifices superbes comme l’Athénée, qui abrite la philharmonie, le casino, l’Hôtel intercontinental ou le musée consacré à George Enescu, le grand compositeur roumain, avec son magnifiqueporcheArt déco. Laplupart de ces bâtiments se trouvent entre l’avenue de la Victoire et le boulevard Bălcescu, qui contrairement aux idées reçues, Bucarest n’est pas qu’une cité festive, bigarrée et hétérogène, elle possède aussi un riche patrimoine À gauche : devant l’ancien siège du PC roumain, une statue commémore la victoire contre le communisme. Au milieu : le musée consacré à Georges Enescu, le grand compositeur roumain. À droite : une toile de l’école nationale roumaine, dans la galerie nationale.
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NTUzMDA5