Salaün Mag 12

structure – qui ne suit pas les canaux mais en traverse par trois –, l’avenue, que l’on qualifie souvent de « Champs- Élysées pétersbourgeois », devra sa magnificence aux femmes qui lui succéderont : les impératrices Catherine I, sa femme; Anna I, sa nièce; Élisabeth I, sa fille ; et Catherine II la Grande, l’épouse de son petit-fils. une longue et riche promenade La perspective Nevski est aujourd’hui une étape incontournable d’une visite de la cité. Sur son parcours ou en empruntant les rues perpendiculaires, impossible de manquer ce qui fait l’âme et la beauté de Saint-Pétersbourg. Au gré de l’humeur, quelques étapes incontournables parmi d’autres. Au n°18, un petit bonjour à Pouchkine qui prit dans ce « Literatournoïé Café » son dernier chocolat avant d’être tué en duel par un Français qui courtisait sa femme. Un mannequin derrière la vitrine commémore l’instant. Au n°25, la cathédrale Notre-Dame- de-Kazan, à l’architecture inspirée de Saint-Pierre de Rome, expose ses colonnades. On se retourne, et voici l’imposant ancien immeuble Singer, au style Art nouveau bien reconnaissable, qui abrite aujourd’hui une maison des livres (Dom Knigui). On prolonge le regard par-dessus le pont sur le canal Griboïedov, et apparaît la silhouette de l’église Saint- Sauveur-sur-le-sang-versé, la seule de style pur russe, comme Saint-Basile de Moscou. Elle fut érigée sur le lieu de l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, avec les plus grandes mosaïques au monde. Au n°35, Gostini Dvor, le plus grand centre commercial de la ville, invite sous ses arcades à arpenter des boutiques en enfilade. En face, le prestigieux Grand Hôtel Europe, palace qui a vu, depuis la fin du xix e  siècle, passer les grands de ce monde. Son entrée se fait par la courte rue perpendiculaire Mikhaïlovskaya, qui aboutit à la statue de Pouchkine dans le Jardin des arts du Musée russe. On peut poursuivre le cheminement de Nevski pour admirer les façades sauvées, durant le siège de la ville, grâce à un astucieux camouflage de toiles représentant des arbres, qui suffit à détourner les tirs de canons. En retournant sur ses pas, au niveau du n°14, une plaque bleue toujours en place précise : « Citoyens, en cas de tirs d’artillerie, ce côté de la rue est le plus dangereux. » A gauche : l’immeuble Singer, de style art nouveau, abrite aujourd’hui une bibliothèque. Ci-dessous : au “Literatournoïé Café”, pouchkine déguste un dernier chocolat. Dans quelques heures, il sera tué en duel. Salaün mag | Page 49

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