Salaün Mag 12

perspective d ’ héritage Trop tard, un léger virage sur le droite, et s’ouvre la place du Palais. Le palais d’Hiver des tsars, avec ses teintes vert et blanc, est devenu très tôt un musée. C’est Catherine II, en relation épistolaire étroite avec Voltaire et Diderot, qui décida d’en ouvrir quelques salles aux membres de la cour dès 1764 pour exposer quelques-uns des trésors accumulés par les souverains. Un siècle plus tard, de nouveaux bâtiments furent ajoutés au palais et le grand public put à son tour découvrir les collections. Aujourd’hui, le musée de l’Ermitage, rivalisant avec le Louvre de Paris et le Metropolitan Museum de New York, est l’un des plus grands au monde. Pas moins de 66 000 m 2  d’exposition dans près de 400 salles, plus de 3millions d’objets dont une majorité en réserve, 16000 toiles dont deuxLéonard de Vinci, 22 Rubens, 24 Rembrandt, 15 Gauguin, 31 Picasso ; des sculptures, armes, pièces de monnaie, antiquités égyptiennes, romaines et grecques, objets préhistoriques… On dit qu’en restant une minute devant une œuvre différente huit heures par jour, il faudrait 15 ans pour en faire le tour intégral ! Pour protéger ces trésors contre les rongeurs, l’Ermitage dispose d’un escadron de 70 chats vivant dans les caves et sur les terrasses. Trois employés pour leur entretien et un attaché de presse leur sont affectés. Et au printemps, une « fête des gardiens chats » leur rend hommage, avec dons pour leur nourriture de l’année. Avec, ainsi, l’assurance qu’ils ne franchiront pas le bras de la Neva qui sépare l’Ermitage de l’île aux Lièvres, en face le long du quai, où s’érigent la forteresse Pierre-et-Paul et sa cathédrale. L’héritage est là avec, au cœur du bâtiment religieux, les tombes des tsars de Russie depuis Pierre le Grand, de certains membres de leurs familles et de proches collaborateurs. Et à midi pile, depuis le rempart, un coup de canon (à blanc) sera tiré vers la rive où trône l’Ermitage, histoire de rappeler que les souverains sont toujours là pour protéger leur ville. perspectives extérieures Une ville qu’ils ont aimé déserter quand la torpeur des fortes chaleurs s’abattait sur elle. Mais pas trop loin ! Pierre le Grand a déjà engagé la construction de son palais d’Été, Peterhof, quand il visite Versailles en 1717. Enthousiaste, il veut que son palais soit encore plus beau. Il y aura donc une galerie des glaces et surtout des jeux d’eau et sculptures L’Ermitage, l’un des plus grands et des plus riches musées du monde. REPORTAGE | Saint-Pétersbourg Salaün mag | Page 50

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