Salaün Magazine 14

Salaün mag | Page 92 ESCALE | Moorea Un podium y permet de prendre encore davan- tage de hauteur pour un des plus beaux panoramas polynésiens : à gauche la baie d’Opinohu, au centre le mont Rotui, à droite la baie de Cook, dans un seul regard. On reste bouche bée. Par bonheur, la redescente se réalise en deux paliers. Le visage d’Heirami se fait sombre pour nous faire stop- per d’abord sur un petit par- king. Un sentier mène dans un sous-bois dense où le soleil a de la peine à trouver sa voie. Nous voici au cœur de l’ancien cratère effon- dré du volcan. D’un signe, Heirami désigne des amas de pierres, puis d’étranges plateformes, les marae. Ces tombeaux collectifs des pre- miers habitants de Moorea ont diverses affectations, le marae des femmes, celui des enfants, celui des chefs… Le plus sacré est le marae Titiroa, celui des guerriers. En blocs de pierre de basalte, il s’étend sur 40 m de long et 17 de large. Malheur à l’humain qui poserait le pied dessus ! Pas de problème par contre pour les coqs et les poules, suivies de leur ribambelle de poussins, nombreux en liberté dans toute l’île, en particulier à se pavaner sur les marae. Une vision qui redonne le sourire. Un sourire qui s’élargit lors de la seconde étape : des champs d’ananas à perte de vue. Et l’envie irrépressible d’en croquer un. Heirami pointe du doigt les maisons de ses « cousins », annonce son espérance de rencontrer à nouveau Oli- vier de Kersauson, habitué des lieux, et commente le paysage. Sur notre droite, défilent les sommets aus- tères des monts Mouaputa, Tautuapae et Matotea avant une halte à Tiahura. Un petit parking sur la droite avant de s’engouffrer dans un chemin, de l’autre côté de la voie, vers les Tipa- niers. Après le passage entre les cabanons de l’hôtel du même nom, c’est l’éblouis- sement : un écrin de sable doré, une mer turquoise et chaude, des coraux bien vivants dans 50 centimètres d’eau et une vue inégalable sur les plus beaux motus de lagune (îlots arborés) de Polynésie… du haut du belvédère Route Est vers Papeotai, en passant par l’ Intercon- tinental , l’une des grandes structures hôtelières de l’île, avec bungalows pieds dans l’eau. Sur Moorea, l’accès à tous les hôtels est possible aux non-résidents pour un coup d’œil ou y prendre un verre. On en profite donc pour, entre autres, regar- der depuis un ponton les cours de découverte des dauphins dispensés dans de vastes bassins. Les animaux ont l’air d’ap- précier autant que les enfants, mais on n’a pas le temps de creuser la ques- tion car la merveille de Moorea nous attend : le Bel- védère. La route est étroite, sinueuse et pentue, et Hei- rami, l’intrépide, réclame qu’on klaxonne à tous les virages car, nous raconte- t-il, des « fous » s’amusent à redescendre à fond en quad. Exact. Mais on les évite. Tout comme les randonneurs essoufflés. Pour eux et nous, une pause magique existe à mi-parcours, le lycée agri- cole d’Opunohu. On peut en visiter les champs à cer- taines périodes, mais le rendez-vous le plus couru est la boutique d’accueil. Là, on déguste les meilleurs jus de fruits, pressés devant vous, on se lèche les babines des glaces maison et on ne saurait partir sans un char- gement de confitures excep- tionnelles (pamplemousse, ananas-vanille, papaye…). Requinqués, on peut reprendre l’ascension vers le Belvédère. À gauche : la plage des Tipaniers.

RkJQdWJsaXNoZXIy NTUzMDA5