Salaün Magazine 14

Salaün mag | Page 91 ESCALE | Moorea L’IMMENSITÉ DE LA POLYNÉSIE FRANÇAISE Si elle constitue une unique collectivité d’outre-mer, la Polynésie française est plurielle. Ses cinq archipels (archipel de la Société— divisé entre îles du Vent et îles Sous-le-Vent, archipel des Tuamotu, archipel des Gambier, les Australes et îlesMarquises) totalisent 118 îles, dont 34 hautes volcaniques et 84 atolls, pour seulement quelque 4100 km 2 émergés sur un territoire total de 5,5millions de km 2 . Tahiti, la plus grande, compte à elle seule un quart de la superficie émergée de la Polynésie. Pour représenter l’amplitude de la Polynésie française, des géographes se sont amusés à la superposer à la carte d’Europe. Ainsi, en plaçant sur Paris, Tahiti et Moorea (îles du Vent de l’archipel de la Société), Maupiti (île Sous-le-Vent dumême archipel) serait en Bretagne, les îles Marquises en Suède, les Australes en Sardaigne, les Gambier en Bulgarie et les Tuamotu en Pologne ! À quelque chose près, bien sûr. jusqu’au retour des Français en 1843, annexant toute la Polynésie. Sur Moorea aujourd’hui, un fort senti- ment religieux perdure, avec un tiers de catholiques, un tiers de protestants — avec toutes les variantes — et un tiers d’autres croyances, du bouddhisme aux Mor- mons… mais nulle place pour l’Islam. Une exception sur la planète. L’office du dimanche est sacré pour les catholiques et protestants, qui s’y rendent en nombre tôt le matin… car les épi- ceries n’auront plus droit de vendre d’alcool à partir de midi. Il faut faire avant des provisions pour un bon week-end festif ! la rencontre Juste devant l’ananas, le tourisme est la première res- source de Moorea. De beaux complexes de bungalows les pieds dans l’eau en sont l’image de carte postale. Nous avons choisi un séjour chez l’habitant dans une pension d’une demi-dou- zaine de faré, l’habitation traditionnelle. Nos hôtes sont venus nous chercher au débarcadère de Vai'are pour un acheminement jusqu’à Haapiti dans un utilitaire improbable. Au long de la route, c’est déjà l’éblouissement. L’océan, au ras du bitume, accompagne chaque kilo- mètre où se joue la concur- rence entre palmiers, sable, roches, véhicules, maisons sur pilotis, oiseaux en envol. Hormis les nonos, espèce de mouches des sables dont les piqûres sont doulou- reuses, l’accueil à l’arrivée est chaleureux et… langou- reux, comme dans toute la Polynésie. Et là, c’est l’histoire d’une rencontre inattendue avec Heirami, un ami du gérant, en villégiature lui aussi. Originaire des Tuamotu, ancien danseur traditionnel, il connaît comme sa poche Moorea, où nombre de ses cousins résident. Accepte- t-il de nous servir de guide privilégié dès le lendemain? Son grand sourire signe l’acceptation et nous réser- vons une voiture dont il sera le copilote. La circulation sur Moorea est simple : une belle route circulaire de 63 kilomètres, une seule autre de bitume à lacets pour l’intérieur vers le Belvédère, des pistes pour 4x4 et des sentiers de ran- donnée pentus pour le reste ! De Haapiti, nous prenons direction nord-ouest dans une Mitsubishi miniature.

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