Salaün Magazine 14
Salaün mag | Page 93 ESCALE | Moorea T’AS TOUT DANS LE TATOU Le tatouage, mot français emprunté à la langue tahitienne, est un desmarqueurs de la Polynésie. Mais tout comme le territoire est vaste, les pratiques en sont différentes selon les archipels. Signes d’appartenance à un groupe ou de reconnaissance entre individus, protections contre lemauvais sort, allégeances aux dieux, expressions de sexualité ou simples plaisirs artistiques, les tatouages sont des livres ouverts. AuxMarquises, c’est tout le corps, crâne compris, qu’il convenait de donner auxmessages inscrits dans la peau ; aux Gambier, ils furent obligatoires pour suivre la croissance dès l’enfance ; aux Australes, on préférait les larges bandes ; aux Tuamotu, lignes courbes, cercles et damiers ; dans l’archipel de la Société, plus de discrétion, avec essentiellement des dessins sur les jambes, les bras et surtout une épaule, avec en vedette une symbolique de la tortue ou de la raie. La réprobation de l’Églisemit àmal cette tradition, mais peut-être encore plus le port de vêtements à l’européenne, qui, en cachant les tatouages, diminuait leur intérêt. Ces dernières décennies, pourtant, le tatouage est redevenu à lamode. Les Polynésiens s’y sont largement remis et les exhibent avec fierté sous l’influence d’une nouvelle génération de tatoueurs, véritables artistes soucieux des règles d’hygiène. Surtout, on vient de toute la planète pour les rencontrer et s’en inspirer. Comme Raphaël, un Suisse rencontré àMoorea, dans l’attente des dessins qui allaient orner les derniers espaces encore vierges de sa peau.
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