Salaün Magazine 14
Salaün mag | Page 53 REPORTAGE | Bénarès manquer de repères dans un univers aussi éloigné du leur. Tous ont un peu raison, car même pour les Indiens, un séjour à Varanasi est une expérience extraordinaire. Lorsqu’on y effectue ses premiers pas, on a l’im- pression d’évoluer dans un organisme urbain totalement autonome, dénué de planification, de coordination. On devine que même le maire le plus volontaire au monde doit avoir bien du mal à donner un semblant de coordi- nation, de direction à sa commune. Au centre de la vieille ville, des kilomètres de ruelles forment un immense bazar, et les avenues sont le plus souvent saturées de véhicules, de travaux, de pèlerins. Une file tout ce qu’il y a de plus indienne s’est formée le long de l’avenue prin- cipale. La plupart des pèlerins, aux visages bariolés, patientent dans la bonne humeur d’accéder au temple de Kashi Vishwanath, dédié à Shiva, qui compte parmi les plus importants du pays. Au xvii e , il fut détruit par l’empereur moghol Aurangzeb qui fit construire la mosquée Gyanvapi à sa place. Il fut ensuite reconstruit à côté de la mosquée, mais certains rêvent de le reconstruire à sa place initiale, atti- sant ainsi les tensions entre hindous et musulmans. Il est, en tout état de cause, une visite incontournable pour les hindous qui se rendent à Bénarès. Avec la baignade dans les eaux du Gange, la visite de ce temple est considérée comme le meil- leur moyen d’atteindre la libération et d’échapper au cycle des réincarnations. À Bénarès, on croise aussi de nombreux sadhus, ces ascètes hindous qui ont renoncé à toute attache et se consacrent à la quête spirituelle. On les croise, vivant le plus souvent de mendicité, le long des routes et près des temples ou lieux de pèlerinage. LA CAPITALE DU SARI Varanasi est aussi connue dans tout le pays par la réputationdes artisans, qui y produisent un type de sari de soie très richement orné et brodé, particulièrement apprécié pour les cérémonies de mariage. Les saris de Bénarès bénéficient même d’une indication d’origine protégée. Près de 50 000 personnes, y compris des enfants, seraient employés dans le tissage de la soie. Le tissage est principalement assuré par les musulmans Ansari, qui pratiquaient ce travail à domicile avant l’arrivée des métiers à tisser àmoteur. Varanasi est assurément un des meilleurs endroits en Inde pour acheter un sari, mais aussi du linge de lit ou encore des foulards en pashmina, par exemple. Varanasi Bénarès
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