Salaün Mag 9

Salaün Magazine | Page 20 dossier spécial | république dominicaine fondé par les Portoricains venus travailler dans les planta- tions voisines. Mais çà, c’était avant ! Avant que le tourisme ne donne à Bayahibe une autre dimension, plus internatio- nale celle-là… Certes, entre les maisons en bois colorées et les petites rues en terre ou pavées, il y règne toujours une nonchalante ambiance tropicale. Et il est toujours possible d’y apercevoir quelques pêcheurs, ramenant le fruit de leur matinée de travail ou réparant leurs filets. Mais de presti- gieux hôtels ont pris racine le long des plages et la baie est désormais envahie par les lanchas, ces bateaux à fond plat qui embarquent les touristes vers les îles. Parmi elles, Saona, plantée à quelques milles au large. On peut aussi la rejoindre lors d’une excursion en catamaran, bien plus décoiffante. Quelques gros nuages moutonnent au loin, guirlande décorant le ciel comme pour mieux accom- pagner le départ… Une petite brise se lève, c’est l’heure de lever la grand-voile et de filer sous le vent ! À bord, l’équi- page chauffe l’ambiance. Avec le rhum qui coule à flots (mais toujours avec modération !) et la sono à fond, même les plus timides se font emporter par la vague festive qui submerge le voilier. À mi-parcours, le catamaran jette une première fois l’ancre sur les hauts-fonds sablonneux de la “piscina natural”. À 200m du rivage, ils sont tapissés d’étoiles de mer. Dans ce “lagon” en pleine mer, où la profondeur ne dépasse pas 1,5m, il est coutume de se baigner, de boire un verre aussi, immergé jusqu’aux épaules dans des eaux cristallines. Fort heureuse- ment, un peu plus loin, elles sont protégées des baigneurs, car le site est intégré au Parque Nacional del Este, 400 km² de maquis sauvages bordés de palétuviers, de plages où nichent plus d’une centaine d’espèces d’oiseaux. Alors que batifolent au large des dauphins, parfois des lamantins… La navigation se poursuit ensuite jusqu’aux doux rivages de l’île de Saona. Avec ses plages farineuses, ses cocotiers ébou- riffés et ses eaux qui chavirent entre le bleu menthe à l’eau et le turquoise selon la profondeur, elle est un pur cliché ca- raïbe. Lunettes de soleil obligatoires tant le sable est éblouis- sant ! Ici, la tradition du barbecue est tenace, les pieds dans le sable. Au menu : poulet grillé et travers de porc, ananas juteux et mangues goûteuses. Le ventre plein, on file ensuite jusqu’au village de Mano Juan. Là, construites à même le sable, des cabanes de pêcheurs rose bonbon ou vert pistache abritent boutiques improvisées, cafés animés et restaurants décontractés où l’on se délecte de langoustes. Le paradis sur terre ! Le retour à Bayahibe en fin de journée est tout aussi riche en couleurs. En bons professionnels, les vendeurs de souvenirs savent que les rires sonores qui résonnent au large annoncent l’arrivée des touristes. Ils se bousculent à la des- cente des bateaux… Ici un paréo coloré, là-bas un tableau naïf, plus loin un coquillage géant… C’est un joyeux bazar caribéen ! À gauche : Alto de Chavon, village italien reconstitué où l’on ensigne l’art, la mode et la musique. À droite, en haut : sur toutes les plages, les boutiques de souvenirs et surtout de peintures naïves sont légions. À droite, en bas : la cathédrale Notre-Dame de Altacrazia à Higüey.

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