Salaün Mag 8
Salaün Magazine | Page 95 REPORTAGE | La Croatie cité médiévale, qui suit un plan en arête de poisson pour protéger ses habitants du vent et du soleil. Nous n’aurons pas cette fois la chance d’assister à une représen- tation de Moreška, la danse des sabres traditionnelle du village, qui appartient, elle aussi, au patrimoine immatériel de l’humanité. Il faut d’ailleurs noter que les îles sont de véritables conservatoires des traditions croates, qu’il s’agisse de la dentellerie de Pag, du chemin de croix de Hvar ou encore des processions de bateaux ou des courses d’ânes de Dugi Otok. À Korcula, au-delà des palais, des plages et de la Moreška, on vient aussi pour découvrir ses vignes et goûter ses meilleurs crus, réputés dans tout le pays, comme ceux de la péninsule voisine de Pelješac. Dubrovnik, le Graal croate «Celui qui cherche le paradis sur terre doit se rendre à Dubrovnik» : c’est ce qu’écrivit l’écrivain et dramaturge irlan- dais George Bernard Shaw dans les an- nées vingt. Un paradis qui a plusieurs fois failli se perdre à jamais, des mul- tiples tentatives d’invasion dont il fait l’objet, au terrible tremblement de terre de 1667 qui lui coûta 5000 vies, sans oublier les ravages de la guerre des Bal- kans. Îlot croate coupé du reste du pays par la Bosnie-Herzégovine au nord, fron- talier du Monténégro au sud, la région de Dubrovnik, l’ancienne république de Raguse, a de tout temps joué un rôle géo- politique majeur, celui de porte commer- ciale maritime entre les mondes chrétien et ottoman. C’est d’ailleurs en adoptant une posture d’équilibriste que Dubrovnik a gardé une grande liberté de mouvement tout au long de son histoire. Jouant habi- lement sur les rivalités entre ses voisins, payant les tributs des uns ou acceptant la suzeraineté des autres, Dubrovnik s’est enrichie par le commerce. Elle en a pro- fité pour multiplier les constructions pres- tigieuses, de nombreuses églises et palais, et pour se protéger par d’impressionnants remparts. Capitale artistique, religieuse, intellectuelle, Dubrovnik la pacifique est sans doute la moins balkanique des villes du pays. C’est du haut de ses remparts, qui courent sur 2 km et s’élèvent jusqu’à 25 m qu’on a la plus belle vue sur l’inté- rieur de la cité, et notamment ce que l’on surnomme « sa cinquième façade », ce manteau de tuiles rouges qui coiffent l’en- semble de ses édifices. Jadis, le Stradun ou Placa, l’artère principale de la ville, sé- parait les quartiers nord, bâtis sur la terre ferme et occupés par les premiers Slaves, les Croates, des quartiers «romains» in- sulaires où étaient bâtis églises et palais. Aujourd’hui, on s’élève avec délice dans les charmantes ruelles en escaliers des quartiers nord, qui contrastent avec l’am- biance plus calme, plus maritime et aussi plus fastueuse des quartiers sud. Pour ad- mirer les remparts, rien ne vaut une pro- menade en mer. La cité révèle alors son vrai visage : celui d’une citadelle convoi- tée, se protégeant des ennemis venus du large comme de ceux qui occupaient, il y a quelques années encore, les sommets environnants. Une vue imprenable sur une ville imprenable, la première ville d’Europe à abolir l’esclavage et son com- merce, en 1416, et qui tire sa devise d’un ancien poème grec : «la liberté ne se vend pas, même pour tout l’or du monde». Retrouvez nos circuits Croatie dans nos catalogues ou sur le site www.salaun-holidays.com
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