Salaün Mag 8

Salaün Magazine | Page 94 conquérants, qui auraient moins cherché à réprimer l’identité nationale croate que d’autres envahisseurs. Les Français ont en revanche apporté des infrastructures, des nouvelles routes, bâti des quartiers mais aussi un système postal dont il reste un charmant vestige près de l’ancienne mai- rie, sous la forme d’une boîte aux lettres en pierre, désignée en français. Split fut ensuite un port important pour la flotte austro-hongroise, qui gouverna la Dal- matie de 1815 à 1919. C’est par ces mul- tiples substrats humains qui remontent à l’Antiquité que les Splitois expliquent ce qui fait la réputation de la ville dans tous les Balkans : la beauté des Splitoises. Une réalité difficile à contester aujourd’hui encore, même si elle dépasse probable- ment l’enceinte du palais pour s’étendre à tout le littoral adriatique. Quiconque aime le littoral aime les îles, ces terres en pointillés où rien n’est tout à fait semblable au continent, ni les hommes, ni la nature, ni le temps. La Croatie est un pays d’îles, plus d’un mil- lier, qui constituent le second archipel de Méditerranée après la Grèce. Une cin- quantaine d’entre elles sont habitées à l’année. L’archipel croate Elles jouissent d’un climat d’une dou- ceur exceptionnelle et sont pour l’instant largement épargnées par le tourisme de masse. En été, la tem- pérature moyenne de l’eau y est de 25°C. Proches du littoral pour la plupart, les îles croates semblent hési- ter à s’en dissocier tout à fait. À tel point qu’on ne sait parfois plus qui de l’île, de l’isthme ou de la presqu’île nous accueille au soleil couchant. Les îles ont largement contribué à la culture maritime des Croates, en par- ticulier la pêche. L’impressionnante infrastructure qui relie les îles les unes aux autres et au continent en dit long sur l’importance que le pays accorde à ses îles. À toute heure du jour, tôt et tard dans la nuit, une ronde de bacs et de ferries maintient le lien entre les îles et la terre ferme. En été, on peut jouer à saute-mouton d’une île à l’autre ou au continent avec une grande facilité et à moindre coût, car les passages sont très subventionnés par le gouvernement croate. On y trouve des îles animées comme Brac ou Hvar, le « Saint-Trop croate », des paradis naturels comme les Kornati, des destinations plus familiales comme Pag ou Rab. À chacun son île, avec à chaque fois la garantie d’y trouver une nature superbe, des activités agri- coles ancestrales, comme celle de l’olive ou du vin, des criques isolées, des petits ports adorables et des villages qui nous ramènent au temps de Venise. Seul le sable est absent d’un décor par ailleurs paradisiaque. C’est pour notre part vers la grande île de Korcula, une des plus peu- plées du pays, que nous avons mis le cap. La légende veut que Marco Polo, le Véni- tien, y soit né. L’architecture renaissance vénitienne imprègne d’ailleurs toute cette LES ÎLES CROATES JOUISSENT D’UN CLIMAT D’UNE DOUCEUR EXCEPTIONNELLE ET SONT POUR L’INSTANT LARGEMENT ÉPARGNÉES PAR LE TOURISME DE MASSE. Page de gauche : la petite ville de Losinj. Page de droite : la vieille ville de Dubrovnik.

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