Salaün Mag 8

Salaün Magazine | Page 70 DOSSIER | Portugal et Madère tif maintenant : Santana, que beaucoup de participants connaissent pour avoir vu en photo les petites maisons colo- rées au toit de chaume jusqu’à terre. En vrai, le plaisir reste intact. Le retour vers Funchal se fera par l’intérieur. « J’espère que vous avez pensé à prendre un petit pull », avertit Caterina. Et aux arrêts à Ribeiro Frio ou au col de Poiso, on comprend d’un coup pourquoi des mar- chandes de ponchos (rien à voir avec la poncha !) et gros gilets de laine se sont installées en ces lieux, alors que peu de temps avant, nous, nous lézardions sous les belles températures de Santana. Ici, c’est plus de 10°C en moins et seule la beauté des paysages montagneux, à moitié dans la brume, motive pour une petite balade. Le retour vers Funchal signifie la réapparition des rayons de soleil et de la mode du T-shirt. Nous connaîtrons le même phénomène de chaud-froid deux jours plus tard en traversant à nouveau le centre pour rallier le splendide Pico do Arieiro, à 1800 m d’altitude où des randonneurs apparaissent soudain au sortir de l’épais brouillard qui envahit les sentiers. Comme au col Ecumenada ou au village de Curral das Freiras, qui doit son nom aux religieuses de Funchal qui vinrent s’y cacher, il y a bien longtemps, pour échapper au viol par des pirates sangui- naires… français. À Porto Moniz à l’ouest Le jour du circuit direction Ouest est particulièrement attendu par le groupe. Tout au long de la journée, comme à la fête foraine, nous allons circuler par des tunnels en enfilage, des ponts qui s’entrecroisent, avec ici et là un virage Christophe Colomb et la Santa Maria M ais que fait à Madère la caravelle de Christophe Colomb ? La question vient immédiatement en apercevant la silhouette de la « Santa Maria » dans la marina de Funchal. Il ne s’agit bien sûr pas de l’originale, que l’on cherche toujours, mais d’une réplique de 22m de long sur 7 de large construite à Câmara de Lobos pour promener les touristes jusqu’au pied de l’impressionnante falaise de Cabo Girão. Mais pourquoi ici ? L’histoire est peu connue et pourtant elle a scellé le devenir de la planète. Christophe Colomb, qui travaillait pour un armateur de Gênes (Italie) se rendit dans l’archipel en 1478 y charger du sucre. Il y rencontre Filipa Moniz Perestrelo, fille de Bartolomeu Perestrelo, premier capitaine-gouverneur de Porto Santo pour la couronne portugaise. Le mariage a lieu l’année suivante, et leur fils unique Diego nait en 1480. Filipa met par sa dot à disposition de son époux la collection de cartes marines amassées par son père et les explorateurs portugais, les plus conquérants de l’époque. Porto Santo est historiquement la première terre découverte et annexée par ces marins hors pair. Christophe Colomb se serait plongé dans l’étude de ces cartes des vents et des courants pour échafauder sa théorie de rejoindre les Indes par une nouvelle route vers l’ouest. Sur les conseils de ses amis de Madère et Porto Santo, il soumettra à Lisbonne le projet à Jean II, roi du Portugal qui le rejette. Et c’est à la cour d’Espagne auprès d’Isabelle, qu’il obtiendra le budget qui l’amènera en 1492 à « découvrir » l’Amérique. La réplique de la « Santa Maria » emmène donc pour une balade presque authentique, hélas essentiellement au moteur, les voiles n’étant déployées que quelques instants, si le temps le permet, pour une rapide photo. Hors la vision splendide de l’île vue de la mer, le charme de la mini croisière de 3 heures réside dans la rencontre avec des dauphins, parfois une baleine, dans la baignade au large l’été et, bien sûr, le verre de madère et le gâteau local en guise de goûter.

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