Salaün Mag 8

Salaün Magazine | Page 69 DOSSIER | Portugal et Madère téléphérique, étape de rêve pour décou- vrir la ville de haut, au ras des maisons, jusqu’au village de Monte, son jardin tropical aux milliers d’essences, son église typique où est enterré Charles i er , dernier empereur d’Autriche-Hongrie, et ses toboggans, paniers d’osier qui vous redescendent vers le port. Aussitôt revenu au niveau de la mer, tout près, le quartier historique se découvre avec ses ruelles aux portes peintes par des artistes amateurs de talent et ses cabarets de fado. Au bout, à droite, le Marchado dos Lavadores attend les amateurs de saveurs et senteurs. C’est le marché traditionnel de Funchal avec ses marchandes de fleurs (que la loi oblige à porter le costume traditionnel), de fruits tropicaux, de viandes et surtout de pois- sons, essentiellement des sabres, longs et fins, et du thon, que des mastards débitent en tranches à la demande. De São Lourenço à l’est… Le lendemain matin, Carlos, le chauf- feur, a garé son bus au pied de l’hôtel au Lido. Le gro upe est sympathique et curieux de partir à la conquête de l’île, sous les commentaires de Catarina. Di- rection l’est. Et même l’extrême est pour la pointe de São Lourenço, une pointe du Raz à la portugaise, d’où d’un seul regard s’embrassent les côtes du nord et du sud. Continuation vers Porto da Cruz. Sous le soleil, le village protégé par des rochers, qu’une promenade aména- gée dans la pierre permet de contour- ner pour profiter de la baie, semblerait endormi sans le va-et-vient de petits camions chargés à ras bord de cannes à sucre. La Companhia dos Engenhos do Norte est une des dernières distilleries traditionnelles d’un rhum chaleureux que, dans d’anciens alambics, elle pré- pare depuis des générations, et décline sous toutes formes de punchs et d’abord, la « poncha », version madérienne à base d’eau-de-vie de canne, miel, orange et citron. Carlos n’a pas droit à la dégus- tation, et la troupe reprend le bus dans la gaîté générale. Nul besoin de rouler longtemps pour que l’époustouflant panorama de la côte découpée de Faial laisse tout le monde bouche bée. Objec- À gauche : les ruelles du quartier ancien de Funchal abritent de nombreux restaurants et cabarets de fado. Ci-dessus, en haut : des hauteurs de Monte, des paniers d’osier, appelés « toboggan», avec deux pousseurs-tireurs en canotiers et grosses chaussures pour freiner descendent les gens jusqu’au port de Funchal. Ci-dessus, en bas : les portes peintes dans une ruelle de Funchal. Chaud devant ! Une descente de Monte jusqu’à la marina dans des paniers d’osier poussés par deux forts gaillards, c’est l’expérience unique des « toboggans » de Funchal. À l’origine, il s’agissait d’amener au bas de la ville les produits des jardins des hauteurs vers le marché, et de proposer aux riches résidents des belles demeures d’en haut un transport plus rapide. Sous les paniers d’osiers confortés de coussins, juste des guides de bois qui s’échauffent au long du parcours de 2 km via les ruelles pentues et pavées, poussés ou tirés selon la déclivité par deux hommes en tenue blanche, canotier sur la tête et grosses chaussures à semelles impressionnantes pour freiner. Ces « carros de cesto » apparus en 1850 ne se rencontrent qu’à Funchal. Organisés en coopérative, les pousseurs se partagent les recettes du jour. La descente dure moins de 10 minutes, en slalomant entre voitures garées sur les côtés, jusqu’à 50 km/h pour un moment inédit. À comparer aux gondoles de Venise, c’est un incontournable de Madère, l’impression de vitesse et de surprise en plus. L’idéal est d’emprunter un aller simple du téléphérique et de redescendre en toboggan après une visite du jardin tropical. Madère apparaît alors sous un autre jour, où convivialité et originalité se disputent. Aucun souci de sécurité : les hommes des paniers maîtrisent la descente à plus de 15% pour être un moment devant en créant l’élan, puis à l’arrière pour ralentir de leurs épaisses semelles. Et une photo immortalise l’événement.

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