Salaün Mag 8

Salaün Magazine | Page 105 TOUR-OPERATING «Nous devons toujours anticiper, ajoute Jacques Calvez, qui supervise l’ensemble de la production. Nous avons par exemple réagi à la chute des voyages en Tunisie, en Égypte ou en Turquie en misant sur d’autres destinations méditerranéennes, comme Malte, la Grèce, la Crète ou Madère. » Un métier technique La production de voyages est aussi une activité qui requiert des compétences techniques et commerciales pointues. Suivi des ventes, déstockage des places d’avions et des chambres, statistiques prévisionnelles, suivi des prestations à distance, des factures, service après-vente : le producteur occupe une place centrale dans la chaîne du voyage. Chez Salaün Holidays, la plupart des producteurs ont fait leurs armes comme agents de voyages, de réservation ou à la préparation des carnets de voyage. C’est le cas de Romain Guédès, 26 ans, chargé de production sur plusieurs pays de la Méditerranée. Bac S et licence de géographie en poche, il a obtenu un diplôme universitaire en tourisme et découvert plusieurs postes avant d’être chargé de production. « Ce qui me plaît le plus, c’est de faire partir les gens, de sentir qu’on est pour quelque chose dans le plaisir qu’ils vont prendre à voyager. J’ai par exemple eu la chance de mettre en place de nouveaux produits sur la Turquie, même si la situation politique complique les choses. Une chose est sûre, à la sortie de mes études, je ne m’attendais pas à découvrir un métier aussi technique avec une attention aussi grande portée à chaque détail du voyage. » Sa semaine est d’ailleurs elle-même découpée comme un circuit : départs, confirmation des listes de passagers, carnets de voyage, points avec les réceptifs, annulations, état des ventes… À chaque jour sa mission. « J’ai été très surpris, à mon arrivée, de bénéficier d’une formation permanente par le biais de mes collègues. J’ai senti une vraie solidarité, une grande disponibilité. Cela a été aussi le cas au moment de la grève d’Air France, pendant laquelle nous sommes venus nombreux le week-end pour régler les innombrables problèmes qui se posaient. » Une mobilisation indispensable pour gérer 2 500 départs quotidiens au cœur de la grève. Un élan collectif qui a d’ailleurs impressionné le directeur de production, mais aussi Michel Salaün, qui a formellement remercié ses équipes une fois l’orage passé. Un état d’esprit que Romain Guédès attribue aussi à l’ancrage culturel de l’entreprise. « J’ai remarqué qu’entre nous et même dans nos échanges avec des collaborateurs dans d’autres pays, la Bretagne nous rapprochait souvent. Les réceptifs, dont certains sont bretons, nous demandent des nouvelles d’ici, suivent l’actu bretonne, cela crée une ambiance positive. » Une production hors du commun Si l’on cherche à définir ce qui fait la spécificité de la production Salaün Holidays, les producteurs mettent en avant la maîtrise des acheminements grâce à une double casquette de tour-opérateur et d’autocariste. Nombreux évoquent aussi le service après-vente et la lecture systématique des fiches d’appréciation des clients. Mais ce qui continue à étonner la plupart, y compris dans la profession, c’est le double caractère à la fois généraliste et spécialiste du tour opérateur breton. « Les grands tours, qui permettent de traverser plusieurs pays, voire un ou plusieurs continents, font partie de l’ADN de Salaün Holidays, analyse Jacques Calvez. Être capable de proposer des très bons circuits classiques à des prix abordables et des voyages d’exception comme les circuits sur le Transsibérien ou la traversée de la Russie en deux mois en autocar n’est pas donné à beaucoup de tour-opérateurs. » Pour Olga Trineeva, c’est une réelle passion pour le voyage qui fait l’originalité de la production. « Chez moi, elle est d’abord venue de mes parents, qui m’ont ouvert aux cultures et patrimoines des autres pays. En travaillant dans le tourisme, j’ai découvert le bonheur de faire découvrir mon pays aux autres, de les aider à s’imprégner de ses traditions et de ses mœurs. Je crois que cette passion motive une bonne partie d’entre nous, à commencer par Michel Salaün, qui sait la transmettre à tous et nous pousser sans cesse à innover, à améliorer notre offre, quitte à prendre des risques et sortir des sentiers battus. Il n’y a qu’à regarder le nombre de projets à caractère non commercial ou sans retombées directes qui ont été menés ces dernières années. »

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