Salaün Mag 8
Salaün Magazine | Page 104 À la carte, les voyages de demain La montée en puissance des voyages individuels sur mesure, des formules autotours et autres circuits pour petits groupes constitués fait cependant évoluer le métier de producteur. « C’est dans ce domaine qu’un spécialiste révèle pleinement son expertise, estime Olga Trineeva. Pour chaque voyage à la carte, on étudie la demande des clients et on leur fait des propositions selon leurs priorités : rencontres, confort, patrimoine, etc. Tout est étudié en fonction de leur profil : le type de guide, le degré d’autonomie, les visites…». Parmi les derniers voyages à la carte produits par Pouchkine, un circuit de 21 jours pour un groupe de cinq motos qui est parti de France à la découverte des pays Baltes et de la Biélorussie. Tout au long du voyage, l’itinéraire et l’hôtellerie se devaient d’être moto-compatibles. Même les guides devaient accepter de prendre place sur les motos ! « Il y a quelques années, à la demande d’un client dont c’était le rêve, nous avons même organisé un vol dans la stratosphère à bord d’un MIG au départ d’une base aérienne russe, ajoute la responsable de Pouchkine. » Au-delà du piquant qu’il apporte au métier de producteur, le développement du voyage à la carte est une aubaine pour la production traditionnelle, car les demandes individuelles sont une mine d’idées nouvelles. Elles indiquent les tendances à venir, comme les hébergements chez l’habitant, l’envie de faire de la marche, de faire des rencontres ou d’acquérir des savoir-faire… C’est par exemple en étudiant les demandes individuelles qu’Edwige Lefèvre a eu l’idée de créer un programme norvégien mettant l’accent sur les fjords et les Lofoten en 13 jours, en alternative à l’indétrônable cap Nord en 14 jours. Une autre manière de travailler mais aussi d’organiser l’offre, en consacrant, par exemple, une gamme et un catalogue dédiés aux voyages sur mesure, que le tour-opérateur a baptisé « Entre nous ». « Plus que jamais, nous devons à la fois être irréprochables sur les prestations classiques, l’hôtellerie, les visites incontournables et surprendre le client en dépassant les clichés, ajoute Olga Trineeva. Lorsque j’étais étudiante en journalisme à Moscou et que je guidais les Français, il y a une quinzaine d’années, tout leur semblait exotique, ils étaient très indulgents. Aujourd’hui, les exigences ont changé : on attend de la Russie le même niveau de service que dans tous les pays occidentaux. Notre production doit donc s’adapter. » « C’est vrai aussi pour les circuits classiques, renchérit Jacques Calvez. 80% de nos circuits sont tout compris, en pension complète. Ils doivent à la fois rester accessibles et répondre aux nouvelles attentes. C’est pour cette raison que nous proposons des formules premium avec des hébergements et des véhicules haut de gamme et des groupes plus restreints. Dans le même esprit, notre production s’appuie beaucoup sur les vols réguliers Air France au départ de province. » Il n’y a d’ailleurs pas qu’à la demande des clients que les producteurs de voyages doivent s’adapter. Chaque responsable de produit doit aussi veiller en permanence aux évolutions géopolitiques locales et globales, pour adapter son offre mais aussi répondre aux questions des clients. « Face à des crises comme celles de l’Ukraine, nous devons tenir un langage de vérité, explique Olga Trineeva, montrer aux clients que nous maîtrisons réellement la destination en leur expliquant la portée de ces événements de manière plus précise que ce qu’ils observent à travers le prisme de l’actualité. » TOUR-OPERATING À gauche, en haut : Edwige Lefebvre, responsable de la production Nordiska. À gauche, en bas, l’équipe de Pouchkine Tours ; de gauche à droite, Alena Yakovenko, Arina Sukhoteplaya, Étienne Lescop, Ève-Lise Caillault et Olga Trineeva, responsable Pouchkine Tours. À droite, Jacques Calvez, directeur de Production et Réservations. Page de droite : Les bureaux du service production à Châteaulin.
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