Salaün Mag 6

Salaün Magazine | Page 89 un dédale encombré dans lequel il serait facile de se perdre. Dernière check-list et c’est le décollage. Le commandant est aux manettes. Plus exactement au joystick. C’est aussi lui qui assurera l’atterrissage. Alain Le Lédan prendra la main pour le retour. Le décollage se passe en douceur, sans que l’on ait jamais l’impression de lourdeur. Après moins d’une heure de vol, le bel oiseau plane déjà à 35 000 pieds et fonce plein nord, guidé par les premiers des centaines de way-points qui le mèneront jusqu’à Tokyo-Narita. Le décollage s’est bien passé, tout est en ordre. Dans le cockpit, l’équipage s’organise : répartition des temps de repos, planning des repas et répartition des menus, avec Gilles Chaumont, le chef de cabine prin- cipal. «Nous ne prenons jamais les mêmes plats et ils sont tous préparés dans des cuisines différentes. C’est une règle de sécurité », rappelle Vincent Roy. 02h00 (heure de Tokyo). Quelque part au-dessus de la Sibérie. Dans le cockpit, c’est l’heure du changement d’équipage. Alain Le Lédan prend la place de Pamela Boyer qui va prendre sa pause. Deux heures quarante de repos dans une cabine qui jouxte le poste de pilotage. « Pour les longs vols, de plus de dix heures, nous sommes à trois pilotes », précise Alain Le Lédan. L’A 380 fonce dans la nuit à 1 000 km/h, à 13 000 mètres d’altitude. Dehors, la température est de – 70°. «L’A 380 est le seigneur des avions. Il vole plus haut que tous les autres ! », déclare le Captain, l’œil pétillant de fierté. « Pourtant, complète Alain Le Lédan, il n’y a aucune diffé- rence particulière dans le pilotage. Sa masse n’est pas un problème. Les vraies différences, c’est entre les familles d’avions, les Airbus et les Boeing. » Reste qu’une solide formation est indis- pensable. « Nous suivons trois mois de formation, poursuit Alain Lédan. Avec une phase d’enseignement sur ordinateur, une phase sur simulateur et un vol avec A gauche, les pilotes Pamela Boyer et Alain le Lédan, dans le cockpit de l’A380. En haut, un A380 au dé- collage. En bas, Jean Lallouët et Vincent Roy, le commandant de bord du vol Paris- Tokyo. « L’A 380 est le seigneur des avions. Il vole plus haut que tous les autres ! »

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