Salaün Mag 6

Salaün Magazine |  Page 78 C ’est aussi à Kaesong que ceux qui n’ont pas connu le rideau de fer ou le mur de Berlin se rattraperont en visitant la fameuse « DMZ », une bande de terre de 4 km, théoriquement démilitarisée, qui sépare les deux Corée. C’est le dernier maillon encore en place d’une chaîne qui, en de nombreux points du globe, séparait les deux blocs pendant la guerre froide. Sans être démili- tarisée – elle est en réalité patrouillée par de nombreux soldats, dont des Américains, coté sud –, la DMZ connaît une activité militaire réduite. A tel point que la plupart du temps, cette zone est d’un calme absolu, l’activité agricole y étant très limitée. De nombreuses espèces d’oiseaux y trouvent d’ailleurs refuge. La DMZ est coupée en son centre par la ligne de démarcation militaire, la DMR, qui n’est autre que la véritable ligne de frontière nord-sud. Avant d’y accéder, en venant du nord, on découvre le lieu où fut signé l’armistice entre les Américains et les Coréens du Nord, qui mit un terme à la guerre de Corée. Les Coréens du Nord prétendent que ce vaste bâtiment a délibérément été construit en quelques jours afin de sacraliser l’armistice en réaction à l’attitude de leurs ennemis qui auraient préféré en garder le moins de traces possibles. La DMR elle-même est coupée par plusieurs petits édifices colorés où ont lieu des rencontres intercoréennes et des éventuelles pour- parlers entre des représentants de l’ONU et les autorités nord-coréennes. En période de paix, on les visite et on peut même poser le pied de part et d’autre de la ligne. A l’automne 2013, au regard des tensions du printemps précédent, on se contentait d’observer la Corée du Sud du haut du balcon d’un bâtiment auquel on a récemment ajouté un troisième étage. Les deux édifices qui se font face de manière solennelle de part et d’autre de la frontière offrent d’ailleurs un panorama impressionnant sur l’un des points les plus chauds de la planète sur le plan géopolitique. C’est une expérience étonnante pour un occidental que d’observer les lignes « adverses », composées de Coréens du sud et d’Américains. Comme si l’on avait observé l’occident de l’autre côté du rideau de fer pendant la guerre froide. La frontière intercoréenne est d’ailleurs une des frontières les plus hermétiques et les mieux gardées sur terre. Même si les choses évoluent vite et que des deux côtés de la zone démilitarisée, on imagine déjà les touristes qui passeront un jour d’un côté à l’autre de la ligne pour visiter les deux Corée. Un des militaires qui nous a accompagné lors de cette visite sous haute surveillance nous a d’ailleurs confié qu’un groupe de motards occidentaux avait récemment eu le droit de traverser la frontière ! La DMZ , unmonde PARALLèLE Café branché dans Williams- burgh, un quar- tier de Brooklyn. La frontière intercoréenne est une des plus hermétiques et les mieux gardées sur terre. Près de Kaesong, la frontière entre les deux Corée, au cœur de la DMZ, la zone démilitarisée qui se situe de part et d’autre du tracé frontalier. En bas, la salle où fut signé le cessez-le-feu entre la Corée du Nord et les Etats-Unis en 1953. En haut, officier nord-coréen avec, en arrière-plan, le poste- frontière sud-coréen. Ci-dessus, salle de présentation du dispositif frontalier le long du 38e parralèlle.

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