Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 91 tant transparaître une grande sensibilité, une vraie tendresse pour ses «gars» et une fidélité sans faille à sa famille, ses amis et à l’environnement qui le porte. C’est d’ailleurs en famille qu’il a conçu La maison des Glazicks, l’hôtel attenant au restaurant, ouvert il y a un an. Huit chambres de qualité exceptionnelle qui évoquent elles aussi l’univers d’Olivier. «C’est un prolongement logique de l’auberge, une nouvelle bâtisse et un projet un peu fou qui va nous permettre d’aller plus loin. On y retrouve mon environnement, des choses personnelles comme l’hommage à mon grand-père à tra- vers les ferronneries, la vision de la mer avec les moquettes en galets, les tables en bois flotté, la luminosité maritime. J’aime la simplicité mais aussi le raffinement, notamment quand je voyage. Ici j’ai souhaité que les gens qui font le voyage à Plomodiern baignent dans un univers qui évoque un héritage mais aussi l’élégance et le xxi e siècle. C’est aussi un plus pour ma région. Je ne sais pas si c’est le plus bel hôtel des environs, mais c’est celui qui ressemble le plus à son propriétaire. Et surtout, c’est l’hôtel d’un restaurant, on vient au restaurant et on prend une chambre pour prolonger l’expérience». Parmi les premiers clients à avoir fait le voyage à Plomodiern, Olivier cite un couple d’Italiens, parti tôt le matin de leur pays, qui a dîné et dormi à l’auberge, avant de prendre immédiatement la route du retour ! Du côté des pensionnaires de marque, on peut aussi citer - chut c’est un secret -, la chanteuse bretonne Nolwenn Leroy. Les voyages d’un chef Longtemps, les voyages d’Olivier ont essentiellement pris la forme de lectures. « Pendant quinze ans, j’ai passé ma vie derrière les fourneaux ou à lire, apprendre les recettes, les régions, les chefs, les cultures… J’ai dévoré tout ce qui me tombait sous la main pour comprendre la cuisine des autres, les cuisines du monde. Mais depuis cinq ans, mon parcours me permet à nouveau de voyager et c’est passionnant. J’ai malheureusement l’image de quelqu’un de très droit, presque rigide alors que je suis complètement ouvert d’esprit. J’aime beaucoup aller à la rencontre des peuples et des cultures, c’est primordial. Chaque voyage accompli apporte des chan- gements dans une vie. A chaque retour, il y a des choses qu’on ne fait plus de la même manière». C’est sans hésiter qu’Olivier Bellin a accepté de participer à un projet de beau livre qui mêle cuisine et voyage, à paraître en septembre aux Editions Salaün. «Par fidélité d’une part parce que je connais Michel Salaün depuis que je suis tout jeune, mais aussi parce que c’est intéressant de faire un livre de voyage auquel est associé la vision d’un chef qui s’exprime sur l’univers culinaire de chaque pays et livre son interprétation. Ce qui m’a plu, c’est que ce n’est pas un livre de cuisine pur et dur. C’est une ouverture sur l’univers du voyage par la porte culinaire. Les recettes sont pour la plupart accessibles, elles sont destinées aux amoureux du voyage et de la cuisine. Je prends beaucoup de plaisir à faire ce projet, à donner une nouvelle interprétation des plats emblématiques d’autre pays, c’est un challenge passionnant ». En attendant la sortie de cet ouvrage qui proposera une trentaine de recettes du monde revisitées par Olivier Bellin et illustrées par les superbes photos de Bernard Galéron, le chef finistérien prépare de nouveaux voyages. Après le Dane- mark, le Japon, ou encore la Russie en février 2013, en compagnie de Michel Salaün, il vient de rentrer de Djakarta, en Indonésie, où il a défendu sa cuisine aux côtés de chefs de renommée internationale. «J’aimerais aller aux Etats- Unis. J’ai grandi dans les années 70-80, très influencées par cette culture. Les USA représentent le pays où tout est per- mis, où on peut réaliser des choses. New-York est une ville hétéroclite, une ville de dingues. La Nouvelle-Zélande m’attire aussi. En fait, je suis intéressé par toutes les desti- nations. Le voyage est une source d’inspiration formidable et pas seulement pour la cuisine». Le «Breton», comme l’appellent ses confrères parisiens a d’ailleurs déjà embarqué pour un nouveau voyage, vers une nouvelle étoile, la troisième. Une étape ultime qui serait l’aboutissement d’un parcours quasi sans faute. « Je dois beaucoup à ma mère, elle est toujours dans le futur, elle veut toujours avancer. Elle pense d’ailleurs souvent à sa propre mère, elle serait fière de voir son auberge aujourd’hui. Mais attention, le futur nécessite de se souvenir par où l’on est passé, il ne faut jamais se renier, sinon on a peu de chance d’y arriver». En haut, La maison des Glazicks, l’hôtel attenant à l’auberge, ouvert en 2012. Au milieu, le borsch, un plat emblématique des pays slaves. En bas, kig-ha-fars breton ; deux des recettes du monde revisitées par Olivier Bellin, à découvrir dans un ouvrage à paraître en septembre aux Editions Salaün.
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