Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 72 qui coupe les vastes jardins de la Villa Borghèse, où il fait bon prendre l’ombre ou donner quelques coup de pagaies en amoureux, sur l’étang voisin. Nouvel arrêt sur le belvédère qui surplombe la Piazza di populo et son obélisque rapporté d’Egypte – la cité en compte douze ! - avant de longer la villa Médicis. Je décide de quitter les charmants lieux communs pour pousser les gaz et me diri- ger vers le quartier Coppede, à l’écart du centre ville. Ce quartier dont la construc- tion a été ordonnée par des promoteurs romains dans les années 1920 est un des secrets les mieux gardés de la ville. Il abrite plusieurs ambassades logées dans un des vingt-sept palais ou dix-sept villas construits par l’architecte Gino Coppede. Ce Gênois éclairé a bâti ce quartier en fusionnant les différents styles qui font le charme de la ville pour construire des villas excentriques où seraient logés des familles aisées. Rayonnant autour de la piazza Mincio, cet ensemble étonnant vaut le détour lors d’un séjour prolongé à Rome. Rome sur Mer On oublie souvent de préciser que Rome est une ville maritime, qui a ses ports, ses grandes dunes sauvages et ses plages et clubs privés. Muni d’un simple ticket de métro, les Romains se rendent en une vingtaine de minutes sur un vaste littoral de sable brun, à Ostia. En chemin pour la farniente à la romaine, il serait dommage de ne pas faire un arrêt pour jeter un œil au quartier de l’EUR, dont la construction a été ordonnée par Benito Mussolini dans les années 1930. Conçu pour célébrer les vingt ans du fascisme, qu’il prévoyait de fêter pendant l’Exposi- tion universelle de 1942, il promettait de devenir le nouveau centre de Rome. Les plus grands architectes de l’époque furent convoqués pour réaliser les premiers bâti- ments, dont l’impressionnant palais de la Civilisation et du Travail. La guerre doucha les espoirs de Mussolini et l’exposition universelle de Rome (d’où vient le nom d’EUR) fut bien sûr annulée. Sur les clichés des années 1950, l’EUR est encore en rase campagne. Le gouvernement de l’époque décida cependant de reprendre le projet et d’établir un quartier d’affaires paysager, bien avant ceux de la Défense à Paris ou des Docklands à Londres. Rome recèle bien d’autres curiosités, comme le sanctuaire des chats, un musée d’archéologie installé dans la centrale Montemartini, une ancienne centrale thermique, plusieurs parcs qui rivalisent avec celui de la Villa Borghèse, comme celui de la Villa Doria Pamphili. A ne pas rater pour les marcheurs, un fabuleux parcours d’une quinzaine de kilomètres le long de la reine des routes, la Voie apienne, plus vieille route pavée au monde, bordée de monuments prestigieux, comme les catacombes, le mur d’Aurélien et de nombreuses tombes. Mais la multitude des richesses dont recèle la ville éternelle offre une excuse idéale pour ne pas tout faire, ne pas tout voir et prendre le temps de nombreuses pauses, à la terrasse d’une Trattoria de Trastevere, devant un verre de Frascati ou de Castelli Romani bien frais sur la piazza Navone, en dégus- tant une glace au parfum inattendu, un excellent plat de spaghetti, une Bruschetta typique ou encore des escalopes veaux ou des tripes à la Romaine. Pour ceux qui se sentiraient coupables faute de ne pas avoir tout vu ou, au contraire, d’avoir trop sucombé aux délices de la Dolce Vita, il reste une étape incontournable et libé- ratrice, la basilique Saint-Pierre de Rome et la Chapelle Sixtine. J’en ferai pour ma part l’impasse à grand regret. Le seul breuvage dont j’ai en effet abusé est la délicieuse eau potable distribuée par les deux mille fontaines romaines - une application pour smartphones très popu- laire permet d’ailleurs de les baptiser et de localiser -, sans oublier que je dois au plus vite ramener ma charmante Vespa à son port d’attache. Retrouvez Rome et nos circuits dans toute l’Italie dans notre catalogue 2013 ou sur le site www.salaun-holidays.com La place Navone, une des places les plus charmantes et les plus populaires de la ville.
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