Salaün Mag 5

Salaün Magazine |  Page 47 Le pont Charles traverse le Vltava, le plus long fleuve de la république tchèque. Au fond, le château de Prague. Paris, porte d’Italie. Il n’y a pas foule devant la brasserie où a été fixé mon lieu de rendez-vous. Je repère bien vite les deux autres personnes qui, comme moi, doivent être prises en charge par un taxi nous permettant de faire la jonction avec l’Imperial Space à destination de la Répu- blique Tchèque, l’Autriche et la Hongrie. Un circuit qui me permettra, entre autres, de découvrir les plus belles capitales d’Europe centrale. Prague, Vienne, Budapest, autant de noms qui font rêver, et des villes que je m’apprête à retrouver cette fois sans passer par la case aéroport et de façon beaucoup plus décontractée que dans le passé. Le taxi affrété par le voyagiste est à l’heure, et l’Impérial Space aussi, lorsque nous le rejoignons à Montlhéry. Bienvenue à bord Il est 22 h 30 et l’autocar est déjà bien rempli. Les deux chauffeurs ont attaqué la tournée de ramassage des clients en début d’après-midi à Brest. Le temps de placer ma valise dans la soute et me voici à l’étage. Dans la lumière tamisée, je devine des gens en position quasi-allongée, qui dorment. D’autres, casques sur les oreilles, regardent un film. A peine installé, je teste l’incli- naison de mon siège et le repose-jambes. Le second chauffeur n’a rien d’une hôtesse de l’air, physiquement parlant, mais il est aux petits soins pour ses passagers. Me voilà doté d’un superbe plaid, d’un coussin, d’un repose-tête gonflable, sans oublier la petite bouteille d’eau et la ser- viette rafraîchissante. Je dois préciser que j’appréhendais tout de même cette nuit entière consacrée à rouler dans un bus. Ma femme, qui comme celle de Colombo n’en rate pas une, n’a eu de cesse de répéter à qui voulait l’entendre que j’allais «ressortir de l’aventure cassé en deux... » Il n’en a rien été. Le temps de me regarder un bon petit film (le choix proposé est éclectique) et me voilà dans les bras de Morphée ! Je n’ai même pas remarqué les arrêts effec- tués au péage de Chalons en Champagne et sur l’aire de repos de Metz Saint Privat et n’ai aucun souvenir, ni des trombes d’eau qui se sont abattues toute la nuit, ni de la station où les chauffeurs ont fait le plein, et encore moins de la pause à Haguenau lorsque vers 5h du matin, André Lagadec – traduisez «Dédé» –, notre chauffeur pour la semaine, a pris le relais de ses deux collègues. Me croirez-vous si je vous écris que lors de mes dizaines de périples au long cours, je n’ai jamais autant dormi dans un vol de nuit ? L’Impérial Space s’avère d’un confort remarquable et surtout très peu bruyant par rapport aux cabines d’avion. Nonobstant tout cela, c’est la voix du commandant de bord, pardon de « Dédé », qui m’a réveillé. Nous sommes en Allemagne, du côté de Nurem- berg, sur l’A6, et c’est l’heure du petit déjeuner sur une grande aire de service. Les passagers se saluent, font connaissance. « Et vous, vous venez d’où ?», «Nous aussi c’est la première fois que nous allons à Prague…» Il y a les habitués des circuits en car proposés par Salaün Holidays, les néophytes, les sceptiques et d’autres qui ont potassé une kyrielle de guides touris- tiques avant de partir. Après un copieux petit-déjeuner, nous voilà repartis en direction de Prague. L’Impérial Space avale les kilomètres et nous profitons de l’exceptionnelle visibilité qu’il offre aux passagers. D’autant qu’au dessus de nos têtes, à travers le large toit panoramique en verre, on commence à deviner le ciel bleu. A l’heure du déjeuner, nous serons à Marienbad. Après mon titre en hommage à Brel, j’aurai pu vous parler de Barbara. Et vous dire que « je me souviens de vous, et de vos yeux de jade, là-bas à Marienbad »... La célèbre ville d’eaux de Bohême est un enchantement. Aujourd’hui rebaptisée Marianské Lazné, la cité a gardé le caractère romantique et l’architecture qui font d’elle un joyau de l’Art nouveau. L’AUTOCAR, UN MOYEN DE TRANSPORT SÛR, ÉCONOMIQUE, ÉCOLOGIQUE

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