Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 33 «Une forêt d’ arêtes, de bouts de ci el massicotés, de lignes de fuites sans cesse contrariées, découpent le cieL » le Queens et Brooklyn, à l’est ou dans le Bronx au nord, la diversité est plus grande encore. En quelques heures de promenade, on peut sillonner la terre entière en traversant des quartiers lati- nos, juifs, noirs slaves, asiatiques consi- dérablement plus étendus que ceux de Manhattan même. Découvrir New-York, c’est se faire surprendre par des types de visage, des couleurs de peau, des langues que l’on n’entendra probable- ment jamais ailleurs. En 2011, dans ses entrailles, on recense et on enregistre les derniers locuteurs de langues déjà disparues dans leur berceau d’origine. Rares sont en effet les cultures ou lan- gues du monde qui ne comptent au moins quelques représentants à New- York. Même la langue bretonne fait l’objet de collectages et donne lieu à des manifestations culturelles, comme récemment, au Bowery poetry club, où des textes en breton ont été lus au côté de poèmes d’une minorité caraibéenne, les Garifunas. Entre ciel et mer Il n’y a pas meilleur endroit que les rives de la très large rivière Hudson, dont le premier pont se situe assez loin au nord, après Harlem, pour constater que Man- hattan est bien une île. D’autant que c’est bien plus qu’une affaire de géographie : «Là-bas, ce sont les États-Unis», me confie malicieusement David, un traducteur français qui y est installé depuis plusieurs années, en désignant les immeubles soigneusement alignés qui s’élèvent de l’autre côté du bras de mer dans l’Etat du New-Jersey. « Là-bas, les gens ont une vie normale, ils se lèvent à 7h et se couchent à 23h, ils vont en voiture faire des courses dans les magasins… Tu devrais y aller, le contraste est vraiment étonnant!» Croisant quelques voiliers, un paquebot descend la rivière en direction de la statue de la Liberté, sur l’îlot d’Ellis Island, qui veille sur l’entrée de la baie. Des mouettes crient dans le ciel. Les berges du sud de l’île ont été joliment aménagées pour les cyclistes et les piétons. Elles abritent même une marina ultra-moderne. Face au soleil couchant, la brise printanière qui file sur l’Hudson fait vite oublier le tumulte de Midtown, le cœur de la cité. « Stand clear of the closing doors ! » : une voix lascive sortie d’un haut-parleur prévient les voyageurs de la fermeture des portes et le vieux métro file déjà sous Manhattan. « C’est facile à trouver, c’est à la 54e rue, près de la 5e avenue », m’a écrit Marie Martin une française, En haut, sur Broadway, avec 200 000 m2 de surface, Macy’s est considéré comme plus grand magasin du monde avec le Goum moscovite. Point de vue sur Manhattan, depuis Ellis Island.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTg1ODM2Mw==