Salaün Mag 5

Salaün Magazine |  Page 25 L e choix d’une période hivernale pour une telle escapade pouvait à première vue surprendre. Pourtant ce mois de décembre nous a offert un changement d’air radical. Alors qu’à Brest (même), il faisait un temps d’été pourri – pluie et vent - à Brest Litovsk, il régnait un magnifique temps d’hiver : moins 10° au petit matin, de la neige, du verglas. Seul le soleil manifestait une avarice qu’il semble parfois réserver aux deux villes. Malgré cela, il faut bien avouer que nous avons été agréablement surpris par ces trois journées passées dans un pays totalement méconnu et qui ne jouit pas d’une image follement gaie. Une enclave en terre russe Petite enclave dans l’immense Russie, la Biélorussie protège jalousement son indé- pendance et son particularisme derrière un régime politique dur qui en fait le dernier pays strictement communiste en Europe. Et le faux air de Groucho Marx du président Alexandre Loukachenko ne doit pas faire illusion : il n’aime pas être contrarié et mène son pays d’une main de fer. De même, les heures d’attente et les tra- casseries douanières qui font l’ordinaire des frontières du territoire ont depuis longtemps découragé les visiteurs les plus patients et les plus intrépides. Les hôtesses des offices de tourisme biélorusse sont des championnes du tricot. Cet hermétisme frontalier est d’autant plus regrettable que la ville de Brest, par exemple, se situe à moins de 200 kilomètres de Varsovie. Proche, donc, des grands circuits touristiques de l’Europe de l’Est. C’est encore plus regrettable quand on a eu la chance de découvrir une population totalement à l’opposé de l’image que l’on se fait de son pays. Elle est accueillante, curieuse, serviable, drôle, gracieuse… A l’image de Daria, notre guide, dont la silhouette élégante, la finesse des traits, la pureté du regard et la malice de son sourire feraient fondre le plus glacial des bonhommes de neige. Il faut dire que l’accueil que nous ont réservé le maire de Brest, Alexandre Sergeyevich, et son équipe, a largement contribué à la séduction que ne manque pas d’exercer la Biélorussie. Et plus spé- cialement la ville de Brest. Une ville qui, bien que située à plus de 500 kilomètres de la mer, a au moins deux points com- muns avec son homonyme des rivages Atlantique. Comme elle, c’est une ville militaire, née autour d’une forteresse plantée sur la rive est de la rivière Boug, qui marque la frontière avec la Pologne. Comme elle, c’est une ville qui a terri- blement souffert de la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1939, lors de l’invasion de Pologne, Brest, qui était rede- venue polonaise en 1921, fut attaquée une première fois par les troupes allemandes du général Guderian. Mais quelques mois plus tard, le pacte germano-soviétique donna la Biélorussie à l’URSS. Un épi- sode de courte durée. A la rupture de ce Une POPULATION ACCUEILLANTE, CURIEUSE, SERVIABLE ET DRÔLE Ci-dessus, au marché de Brest. Page précédente, une impressionnante statue au mémorial de la forteresse de Brest. Ci-contre, élégante statue dans le parc de Brest, à deux pas du pont des amoureux. Poster présentant Ekaterina Karsten, double médaillée olympique en aviron, véritable star en Biélorussie. Daria, guide biélorusse

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