Salaün Mag 5
Salaün Magazine | Page 13 l’Inde du xvi e au xviii e . C’est sous le règne de Shah Jahan, le grand bâtisseur de la période classique moghole que le quar- tier d’Old Delhi a été édifié, au milieu du xvii e . Descendants des Timurides d’Asie centrale aux racines turco-mongoles, les Moghols ont jeté en Inde les bases d’une nouvelle civilisation. A l’époque des premiers empereurs moghols, Old Delhi, qui rappelle aujourd’hui un peu les médinas d’Afrique du Nord, comportait des jardins, des avenues, des palais et des canaux. Aujourd’hui le quartier séduit davantage par ses ruelles tortueuses où exercent des petits commerçants et arti- sans, le parfum des épices ou l’indicible enchevêtrement des fils électriques qui relient les immeubles. En levant la tête, on aperçoit fréquemment un grand singe assis au bord d’un toit ou sautant d’un immeuble à l’autre : ils sont plus de dix mille à Delhi et ne vont pas sans poser des problèmes à la population. Il y a cinq ans, un adjoint au maire de la ville a même succombé à des blessures infligées par une horde de macaques sauvages. Le problème reste entier car la tradition hindoue interdit l’euthanasie des singes, considérés comme les messagers du dieu Hanuman. A mi-chemin entre New- et Old Delhi, le dépaysement est aussi à l’ordre du jour à Pahar Ganj, un autre quartier bien connu des afficionados de l’Inde. Pendant De gauche à droite, visages de l’Inde d’aujourd’hui : chef de famille à Achroll, lycéenne de ce même village du Rajahstan, un bébé indien aux yeux protégés par du kohl et un portier au Rajahstan. En bas à gauche, rickshaws à New-Delhi. Présent en Inde depuis le VIIe siècle, l’Islam concerne environ 14% des Indiens, loin derrière les hindouistes (80%), mais devant les Bouddhistes, les Sikhs ou encore les Chrétiens. Bien que l’Inde soit le berceau du bouddhisme et malgré sa parenté avec l’hindouisme, cette religion ne concerne qu’une petite partie de la population, principalement dans les régions himalayennes de l’Inde, comme le Ladakh. Malgré une constitution laïque, la religion joue un rôle très important dans l’organisation sociale de l’Inde et des tensions inter- religieuses rejaillissent régulièrement. Cependant, au vu de son histoire, de son étendue et de la complexité sociale du pays, les religions coexistent plutôt mieux en Inde qu’ailleurs. La mosaïque religieuse indienne, à laquelle il faudrait rajouter le jaïnisme, se traduit en tout cas par un héritage architectural époustou- flant, et tout particulièrement celui des empereurs moghols. Dans Old delhi, la population musulmane peut s’enorgueil- lir de la plus grande mosquée d’Inde, la Jama Masjid, construite au xvii e , qui peut accueillir 25 000 personnes. Cou- verte de grès rouge, elle est reliée par la porte de Delhi à l’immense fort de Lal Qal’a, une des grandes réalisations architecturales de Shah Jahan. L’héritage architectural et religieux des Moghols La mosquée de Jama Masjid dans Old Delhi.
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