Salaün Mag 10

Salaün Magazine | Page 79 reportages d ’ ici et d ’ ailleurs | bali B G D comme beratan L’immense lac Beratan doit beaucoup de sa renommée au « Pura Ulun Danu », temple dédié à la déesse des eaux Dewi Danu, qui s’avance dans le lac volcanique depuis 1663. C’est une des images de rêve de Bali, avec ses tours à toitures su- perposées sur un carré de terre envahi de fleurs multicolores à 2 mètres du bord. On accède à la promenade après avoir traversé des jardins fleuris ménageant le suspense sur la vue inoubliable qui attend derrière une petite porte. La luminosité des différents édifices du temple, partagés entre hindouistes et bouddhistes, contraste avec le voile de brume tombant tout au long de la journée depuis les sommets d’en face. Pas de quoi décourager les plus téméraires pour un petit tour en barque… avec une petite laine. Nous sommes à 1 200 mètres d’altitude et Bali aime à surprendre ! comme danses Il n’existe pas moins d’une cinquantaine de danses sur Bali, mais toutes ne sont pas accessibles aux étrangers au culte. Partout sur l’île, et pratiquement quel que soit le jour ou l’heure, un spectacle ouvert au public se déroule dans un déploie- ment de costumes colorés, de maquillages surlignés, de dragons méchants, de prin- cesses aux yeux écarquil- lés, de singes moqueurs, de dieux tout-puissants… Des orchestres de percussions et flûtes, les gamelans, compo- sés uniquement d’hommes, accompagnent les intrigues de combats entre le bien et le mal, issues souvent du Ramayana ou du Mahabha- rata , épopées hindoues. Trois principales danses sont repré- sentées largement, le «legong», le «barong» et le «kechak». Le legong raconte l’histoire d’une jeune fille qui refuse de céder à un roi qui l’a enlevée… Elle sera libérée par un joli prince. Le barong voit s’affronter le bien et le mal… Ces deux notions étant présentes chez l’homme, il n’y aura pas de vainqueur. Enfin, le kechak se différencie par une troupe importante de comédiens habillés de pagnes à carreaux symbolisant une armée de singes qui, tout au long de l’intrigue reprenant des éléments des deux autres danses citées, émettront sans cesse claquements de dents et sifflements, avec une pincée d’hu- mour. Nombre de ces spectacles de danse sont donnés par les habitants de village qui, grâce aux entrées, améliorent leur vie quotidienne et maintiennent la tradition des costumes. comme gastronomie Les magnifiques paysages ont le vilain défaut de faire oublier trop souvent, dans les récits de voyage, la merveilleuse cui- sine balinaise. Délicate et parfumée, avec épices servies à part pour le confort de nos sensibles palais occidentaux, elle se déguste tout au long de la journée dans des sympathiques snacks locaux, les « warungs », ou en restaurants classiques aux heures de repas. Plats de base, le nasi goreng (riz) et le mie goreng (nouilles) sont grillés à la poêle avec légumes et épices, et un œuf au plat servi sur le dessus. Un vrai régal. Le canard farci, « bebek betutu », est l’autre incontournable. Far- ci, il cuit des heures à l’étouffée dans une feuille de bananier. Le « babi guling », mets des fêtes auparavant, régale mainte- nant au quotidien ou presque les Balinais, et les touristes qui ont la bonne idée d’y goûter. C’est un cochon de lait farci qui cuit une nuit à la broche, arrosé d’épices et lait de coco… Un délice et une façon, pour les locaux, d’afficher leur différence avec la grande majorité musulmane de leurs compatriotes in- donésiens. Du coup, on accompagnera la dégustation d’une bouteille de «Bintang», l’incontournable bière balinaise. Côté poisson, le « black pepper tuna » fond dans la bouche: un steak de thon rouge, couvert de poivre concassé, qui a mariné des heures avant un aller-retour sur une plancha ou au barbecue. Au moment du dessert, il ne faut pas hésiter à tester les fruits indigènes comme le mangoustan, le rambutan (proche du litchi) et le dragon, notre préféré, si succulent. Et pour finir, À gauche: sous leurs lourds costumes et maquillages, les danseurs traditionnels perpétuent la bataille ancestrale entre le bien et le mal… sans vainqueur. À droite: angoustan, rambutan ou dragon, les fruits typiques de Bali sont un régal pour le palais. Soleil radieux, couleurs chaudes, sur scène ou sur les marchés, à Bali, le terne et le tiède semblent avoir déserté depuis longtemps.

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