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Salaün mag | Page 63 UN TOUR EN VILLE | Bucarest rthodoxie, un retour en force Aux abords de la vieille ville, deux balades vous mettront en jambe pour votre deuxième jour à Bucarest. La première, à l’est, mène à la colline de la métropole, siège du patriarcat orthodoxe roumain. C’est le cœur religieux et historique de la ville mais aussi du pays. Le Parlement y siégeait jusqu’en 1997. On y découvre notamment la cathédrale Saint-Constantin, qui renferme de très belles fresques, une chapelle et le palais de la Patriarchie. À la fois centre religieux, politique et historique, c’est un peu le kremlin de Bucarest. D’ailleurs, le parallèle avec la Russie reste valable lorsqu’on repasse de l’autre côté du palais du Peuple pour découvrir le chantier de la future cathédrale du «Salut de la nation», qui sera la plus grande du monde orthodoxe, à peine plus petite que Saint-Pierre de Rome. À deux pas du palais du Parlement, déjà démesuré, cette cathédrale de 120 m de haut pouvant contenir 6000 fidèles aura coûté la bagatelle de 100 millions d’euros à l’Église roumaine, avec un financement de l’État lorsqu’elle sera terminée, en 2019. Un emplacement on ne peut plus symbolique pour installer le futur siège du patriarcat et exprimer dans la brique le retour du couple fierté nationale et foi, très en vogue dans les pays de l’Est, notamment orthodoxes. En repassant de l’autre côté de la Dămboviţa, on entre dans un des parcs préférés des Bucarestois, le parc Cişmigiu, avec ses deux étangs, ses petits cafés à deux pas du centre festif de Bucarest. D’une part, c’est bien ici, au cœur du quar- tier, que Vlad Dracul III, un prince roumain surnommé « l’Empaleur », établit sa cour princière à Curtea Veche, au XV e . Celui qui inspira l’Irlandais Bram Stoker pour imaginer son Dracula était, « au contraire de ce personnage romanesque, quelqu’un de bien, qui a fait beaucoup pour la naissance de la future Roumanie en créant le royaume de Valachie », m’explique Sidonia, guide à Bucarest. « Voyant, par exemple, que les mendiants se contentaient de profiter des richesses de son royaume plutôt que de travailler, il les invita par centaines à un grand festin. Quand il leur demanda s’ils étaient désor- mais prêts à travailler et qu’ils refusèrent, ils les brûla tous vivants. Il était cruel mais juste ! » On visite aujourd’hui les ruines de son palais, à deux pas de l’église Saint- Antoine, la plus vieille église de Bucarest. Parmi les autres trésors du patrimoine national présents dans la vieille ville, l’église Stavropoleos est un joyau construit dans le style national brancovan. Pour une pause-café ou paracétamol, le khan Hanu' lui Manuc , une auberge-caravansérail comme on en trouvait jadis dans tout l’Empire ottoman, est un magnifique témoin du développement commercial de la ville aux XViii e et XiX e siècles et le plus beau du pays. Pour des nourritures plus spirituelles, il faut jeter un coup d’œil à la librairie Cărtureşti Carusel , un espace de 3 000 m 2 sur six étages, qui allie super- bement le charme d’un ancien immeuble bourgeois à un design lumineux, aérien et contemporain. Les Bucarestois l’adorent. Le concept s’est exporté à quelques kilo- mètres dans une autre demeure bour- geoise devenue librairie. Elle est accom- pagnée d’un superbe biergarten animé, comme on en trouve dans toute la ville. un cHar À BiÈre Les réminiscences de la nuit passée, y compris un léger battement des tempes, s’éloignent au fur et à mesure que l’heure du déjeuner approche. Dans la vieille ville, il existe un endroit tout désigné pour remettre le cavalier sur sa monture, en dégustant une bière brassée sur place, le Char à bières, le Caru Cu Bere , noble ancêtre du wagon à cocktails de la nuit précédente, en quelque sorte. Repaire d’intellectuels et artistes à la fin du XiX e , cette brasserie aux magnifiques boise- ries sert des plats traditionnels, dont les incontournables mici , ces saucisses sans peau d’agneau et de porc épicées et légè- rement « allégées » au bicarbonate de soude. Grillées, elles sont servies avec du pain, de lamoutarde et de la bière, en tous lieux et toute circonstance. Ci-contre : au cœur du quartier de Lipscani, dans la vieille ville de Bucarest. En haut: le palais du patriarcat En bas : l’étang du parc de Cismigiu
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