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Salaün mag | Page 101 REPORTAGE | Delta du Mékong UN CANOT , DES CANAUX , UN CAN THO Où que l’on rejoigne le delta, au terminus d’un pont, d’un ferry, d’un bac ou d’un passeur à rames, le bonheur est d’em- barquer pour une ou de préférence plusieurs nuits à bord d’une jonque. Le navire de bois fait corps avec le fleuve et ses multiples entrelacs. La pieuvre câline qu’est ce delta se laisse facilement dompter… au moins du regard. Les briqueteries aux toits en ogives, les maisons sur pilotis où la terrasse sert de dressing, les improbables stations-ser- vice d’essence sur flotteurs, les filets lancés de coup de maître par des mains de pêcheurs impassibles, les canards simula- teurs de famine pour entourlouper les précédents, les gamins hilares défiant le principe d’Archimède, des vélos s’échappant vers des rizières parallèles à moissonner… le cadre est posé. Et on en prend plein la vue, avec un rien d’interrogation ou d’inquiétude compassionnelle quand passe à tribord ou bâbord ce qui, il y a peu, devait être encore un bateau ou un cargo et qui n’est plus que quelques centimètres de bois ou d’acier plus oumoins flottants, émergeant du fleuve avec des hommes dessus. À droite, à gauche, se devinent des passages en eau sous des frondaisons vers d’autres horizons où se laissent aspirer de frêles esquifs menés par des sans-visage sous les larges chapeaux pointus. Et une chaleur moite. Le Mékong du quotidien a ses valeurs, ses humeurs et ses priorités. LES MARCHÉS SUR L ’ EAU La première? Être au rendez-vous du marché. À terre sur des esplanades ou sous des halles où scooters et piétons slalo- ment entre les étals à même le sol de fruits, légumes, pois- sons, viandes ou cigarettes à 50 cents le paquet. Surtout sur l’eau, pour une aubade de marchés flottants. L’expansion des routes et des ponts leur a fait perdre un peu de leur obligation vitale, mais ces rendez-vous légumo-aquatiques restent la colonne vertébrale du delta. Le plus emblématique est sans doute celui de Cai Rang à Can Tho, tant il agrège toutes les versions et thèmes du commerce au fil de l’eau. Ancrés à l’année, de lourds bateaux attendent dès 5heures le matin les propositions des paysans. Pastèques, oignons, ananas… plombent leurs bateaux dans l’espoir d’un bon prix, puis les détaillants viennent se fournir auprès de ces grossistes pour leurs épiceries de village. Le jour est toujours à peine levé quand de plus petits produc- teurs tentent leur chance d’une embarcation à l’autre. Alors arrivent d’encore plus petits canots, le plus souvent menés de main, ou plutôt de pied, de maître par des femmes. Elles accostent les bateaux de touristes venus en curieux pour proposer quelque banane, soupe ou cannette de soda améri- cain. Question de survie, parfois. Vers 11heures, les moteurs vrombissent, les rames frappent l’eau, les dernières liasses de billets s’échangent, et chacun libère les eaux du Mékong. Demain sera un nouveau jour de ballet aquatique dans le delta. Retrouvez nos circuits au Vietnam dans nos catalogues ou sur le site www .salaun-holidays.com Découvrez le Vietnam autrement avec notre film : Vietnam, Laos, Cambodge, l’ancienne Indochine En vente dans les agences de voyages Salaün Holidays. Ci-dessus : les marchés colorés rythment la vie du delta du Mékong. Sur les rives pour le détail, sur le fleuve pour le demi-gros et le gros.
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