Salaün Mag 12

Rasez Leningrad ! Prendre et raser Leningrad au plus vite est un des objectifs de Hitler lorsqu’il rompt le pacte germano- soviétique. Pour fermer l’accès à la Baltique de l’URSS, mais aussi en raison du symbole que représente le nom de la ville. La Wehrmacht, appuyée au nord par l’armée finlandaise, monte le siège le 8 septembre 1941. Leningrad compte alors 4 millions d’habitants. Ils ne seront plus que 750 000 vivants quand l’Armée rouge libère la capitale russe le 27 janvier 1944. Près de 900 jours d’un siège atroce, une des pires tragédies de la Seconde Guerre mondiale. Dans la ville, on s’organise pour partager les vivres, les femmes tiennent les canons de DCA… À l’extérieur, l’Armée rouge réussit à ouvrir, en novembre 1941 un étroit, corridor à travers le lac Ladoga : la «Route de la vie». Sous les bombardements de l’aviation allemande, des traîneaux tirés par des chevaux amènent du ravitaillement et, au retour, évacuent enfants et blessés. Quand le lac est bien gelé, des camions prennent le relais. Une ligne de chemin de fer est même montée sur la glace, mais elle est une cible facile des pilotes ennemis. Aux beaux jours, des convois terrestres et des bateaux assurent les navettes. Malgré les évacuations, 1,8 million de personnes meurent durant le siège, dont plus d’un million de civils. Au procès de Nuremberg, il sera établi qu’au moins 620 000 assiégés sont simplement morts de faim. Le Mémorial de Piskarïovskoïe a été créé en 1960 pour réunir 500 000 corps découverts dans 186 fosses communes. D’autres lieux de souvenir accueillent des tombes, parfois toutes identiques, comme derrière l’église de Tchesmé. En se retirant en janvier 1944, les Allemands pillent les œuvres d’art et incendient nombre de palais, dont celui de Catherine à Pouchkine et le Peterhof de Pierre le Grand. Il faudra plus de 50 ans pour leur redonner leur luxe d’antan. Le refuge pour un peu de calme mais encore de la splendeur se nichera alors au sein du théâtre Mariinski, l’ancien Kirov, concurrent légendaire du Bolchoï de Moscou, pas peu fier de son style personnel, où ont brillé Noureïev et Barychnikov. À chaque visite, Saint-Pétersbourg se découvre changée. Le ballet des grues dans le ciel y est encore plus dense qu’au Mariinski ! C’est que la cité construite sur pilotis accuse son âge. Il est de coutume de dire que, lorsqu’une aile d’un palais est restaurée, c’est l’autre qui s’affaisse et qu’il faut tout recommencer. Les chantiers sont permanents, et pour la plupart au grand bénéfice de l’élégante architecture. Mais il y a tant à faire dans une ex-capitale rayonnante laissée au quasi-abandon pour raison politique. Sur les 5,3 millions de Pétersbourgeois, 10%, soit quelque 500 000 personnes, vivent toujours en « kommunalkas », ces appartements collectifs de l’époque soviétique où les familles ne disposent que d’une pièce et partagent cuisine, salle de bains, couloirs. Une exception aujourd’hui en Russie, où le concept a disparu dans l’essentiel du pays. Ici, on leur a pourtant déjà dédié un musée dans le palais Roumiantsev, signe que les temps ont plus changé à Saint-Pétersbourg depuis le début des années 2000 que tout au long du xx e  siècle. Avec un coup de pouce d’un tsar moderne, enfant de la ville qui a pris la route pour régner depuis la sœur jalouse Moscou, un certain Duchemin (Poutine, en russe). En haut : durant la Seconde Guerre mondiale, Saint- Pétersbourg a subi un terrible siège de plus de 2 ans qui fit près de 2 millions de morts. En bas : l’intérieur de l’église Saint-Sauveur- sur-le-sang-versé. Retrouvez nos circuits à Saint-Pétersbourg dans nos catalogues ou sur le site www .salaun-holidays.com Découvrez la Russie autrement avec notre film : La Russie, de Saint-Pétersbourg à Moscou, au fil de la Volga En vente dans les agences de voyages Salaün Holidays. REPORTAGE | Saint-Pétersbourg Salaün mag | Page 54

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