Salaün Mag 12
extérieures plus imposantes. Avec les contraintes du lieu : la perspective sur la mer Baltique est inégalable et mouche Versailles, mais le froid de l’hiver oblige à démonter les œuvres et à vider les bassins d’eau pour que le système n’explose pas sous les basses températures. Qu’importe, le tsar n’est pas là quand la mauvaise saison sévit ! À l’époque, à 29 km à cheval vers l’ouest, c’est presque un dépaysement. Aujourd’hui, en voiture, Peterhof apparaît presque comme un quartier de Saint-Pétersbourg. Les fontaines et cascades y sont magnifiques, le cadre est enchanteur. On peut aussi s’y rendre en hydroglisseur pour s’offrir une vision de Saint-Pétersbourg depuis la mer. C’est vers le sud de la ville qu’il faut cheminer pour rejoindre l’ex-Tsarskoïé Selo (« village des tsars » en russe), rebaptisé Pouchkine en l’honneur du grand poète. Pierre le Grand offrit ici un terrain à son épouse Catherine pour qu’elle y construise un palais selon ses désirs, elle qui n’apprécie guère le gigantisme de Peterhof. Presque modeste, le château sera agrandi et embelli par Élisabeth I et baptisé par elle « palais Catherine » pour saluer la mémoire de sa mère. L’architecte italien Rastelli, un des grands constructeurs de Saint- Pétersbourg, lui donnera son charme baroque, avec cette façade bleue ornée d’atlantes. Catherine II en fera également sa demeure préférée, qu’elle embellira encore. Sa chambre d’ambre jouit d’une réputation internationale, tout comme le parc, où le palais Alexandre apporte, de la même manière, sa touche. Route nord maintenant vers Kronstadt, la base de la flotte russe tant désirée par Pierre. Ambiancemilitaire donc et jolies opportunités d’admirer le front de Neva de Saint-Pétersbourg depuis la digue qui a enlevé son caractère insulaire à Kotline. La cathédrale navale Saint-Nicolas de Kronstadt en est le joyau. 0uverte en 1913 pour célébrer les 200 ans de la marine russe et honorer les marins morts pour leur pays, son style néobyzantin extérieur se prolonge au-dedans, très lumineux, par un décor proche des grandes mosquées d’Istanbul, les icônes en plus. Qui dit marine et icône pense immédiatement au croiseur Aurore qui a quitté Kronstadt pour rejoindre les quais du centre de la ville comme musée : c’est lui qui tira le coup de canon donnant le signal de la prise du palais d’Hiver par les bolcheviques à l’automne 1917, entraînant le plus grand bouleversement politique de l’histoire mondiale. Mais, ça, c’était hier. perspectives d ’ avenir L’avenir de Saint-Pétersbourg se joue à court terme. Les incontournables Nuits blanches drainent les foules chaque année de la fin mai à la mi-juillet. À l’occasion du solstice d’été, la nuit ne tombe quasiment pas sur la ville, et l’on s’y promène comme en plein jour ou presque. C’est l’occasion de nombreux concerts, fêtes en tous genres, rassemblements d’amis au long de la Neva pour suivre, à partir de 1 h du matin, la levée des neuf ponts principaux et illuminés (sur les 342 que compterait cette Venise du nord aux 42 îles). Le public est très cosmopolite car on y vient de partout vivre ces moments rares, côté beauté de la nature et côté déchaînement de réjouissances parfois un rien alcoolisées. L’ambiance sera d’autant plus torride cette année que la ville accueille au même moment plusieurs matchs de la Coupe dumonde de football dans son stade flambant neuf Krestovski de 69 500 places. À l’occasion du solstice d’été, la nuit ne tombe quasiment pas sur la ville. Ci-contre : la «Grande» Catherine en, majesté dans le palais Tsarskoïé Selo. Page de gauche, en bas : lors des nuits blanches, les ponts sont illuminés. Page de droite, en haut : le palais Peterhof. Page de droite, en bas : la cathédrale Saint-Nicolas, dédiée aux marins. REPORTAGE | Saint-Pétersbourg Salaün mag | Page 52
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NTUzMDA5