Salaün Mag 12

Avenue Nevsky Forteresse Pierre-et-Paul Ermitage Cathédrale Saint-Isaac Palais Youssoupov Musée russe Laure Saint-Alexandre-Nevsky 1 km RUSSIE Saint-Petersbourg é Dès 1697, il s’en donne les compé- tences en voyageant en Prusse, Hollande et Angleterre, où il étudie les gouvernances, la culture et les dernières techniques. Près d’Amsterdam, sous un pseudonyme, il apprend le métier de charpentier de marine ; à Londres, l’art de la navigation. Seul Louis XIV, qui considère les Russes comme des arriérés refuse de le recevoir. Têtu, Pierre le Grand viendra bien à Paris, mais en 1717, pour y recevoir un accueil triomphal de la population et du jeune Louis XV, alors âgé de 7 ans, que, contre tout protocole, il soulève de terre pour l’embrasser. Il peut à cette époque se vanter d’avoir gagné la première partie de son pari : Saint- Pétersbourg, sa nouvelle capitale, est sortie de terre contre vents et marées. des pilotis dans un marécage C’est que personne, hormis lui, n’en voulait, de cette ville. Au fond du golfe de Finlande, le delta de la Neva n’était que marécages insalubres, infestés de moustiques l’été, sous les glaces l’hiver, mais, pour Pierre le Grand, l’ouverture qu’offre le site sur la mer Baltique est essentielle à ses ambitions. Le delta est à peine pris aux Suédois que le tsar lance la construction de la forteresse Pierre-et-Paul sur l’île aux Lièvres. Puis il renforce l’île de Kotline au large, qui deviendra la base de la marine russe sous le nomde Kronstadt en étant reliée au continent par une digue. Pour construire une vraie ville, la technique des pilotis d’Amsterdam est adoptée. Par oukase, toute construction de bâtiment en pierre est interdite sur l’ensemble de la Russie jusqu’en 1714, pour obliger S aint-Pétersbourg est indissociable de son créateur, Pierre I er . Géant de 2,04mètres avec une tête et des pieds proportionnellement petits (il chausse du 35 !), l’homme séduit par son élégance, sa culture et un raffinement de cour, mais inquiète par ses subits assauts de colère et de brutalité, qui font alors de lui le plus noceur, goujat et rustre des Russes. fasciné par l ’ europe occidentale Sa vie est un feuilleton demoments tous importants, soit par leur intelligence, soit par leur violence. Et il utilisera les deux pour édifier Saint-Pétersbourg, concrétisation de ses deux ambitions : moderniser la Russie à l’image de l’Europe occidentale et devenir une puissance navale. En haut à gauche : Saint-Pétersbourg se découvre aussi sur ses canaux. En haut à droite : Raspoutine, le terrible, hante toujours le palais Youssoupov. Au centre à gauche : c’est du croiseur Aurore que fut tiré le coup de canon qui donna le signal de la révolution d’Octobre. Au centre à droite : Pierre le Grand, père de Saint-Pétersbourg. Salaün mag | Page 47 REPORTAGE | Saint-Pétersbourg

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