Salaün Mag 12

Salaün mag | Page 23 GRAND ANGLE | La Colombie J Maison de la mémoire Musée Antioquia Parc Explora Jardin botanique Orquideorama Musée d’Art moderne Metrocable Parc Arvi Parc Bolivar Place Botero Parc Berrio 700 m Medellín L a r e n a i s s a n c e e me souviens, c’était en 2004 et, pour la première fois, je voyageais en Colombie. J’allais effectuer une mission humanitaire pour Médecins du monde. Que n’ai-je pas entendu : « Tu es fou d’aller là-bas, c’est dangereux, la drogue, les FARC, les prises d’otages » etc. Lorsque je me rendis à Medellin, ce fut pire, les commentaires redoublèrent : « Le cartel de Medellin, les attentats, Pablo Escobar… » Moi-même, c’est avec une certaine appréhension que j’abordai la ville. Non pas de la peur, plutôt une interrogation sur cette ville dont on avait tant entendu parler dans les années 1980-1990. Encore aujourd’hui, en 2018, quand j’évoque Medellin, on me parle de la drogue et surtout de Pablo Escobar, le patron du « cartel deMedellin ». Vingt-quatre ans après sa mort, il est encore dans toutes les mémoires. Celui qui fut l’ennemi public numéro un en Colombie a été tué en décembre 1993 par un commando des forces spéciales colombiennes. Aujourd’hui, il existe à Medellin des circuits touristiques où l’on vous parle de la vie de Pablo Escobar, où l’on vous montre les maisons où il a vécu, les lieux des attentats à la bombe et même sa tombe, qui se trouve au cimetière d’Itagüi, ville satellite deMedellin. Beaucoup d’habitants de la ville sont contre ces initiatives, contre le fait que l’on idolâtre un homme qui a fait tant de victimes innocentes. Jeme souviens qu’à cette époque, en 2004, il n’y avait pas beaucoup d’étrangers dans cette ville. Quelques expatriés travaillant dans des entreprises étrangères comme Renault, implantée à Medellin depuis 1970. Quelques coopérants d’ONG humanitaires et très peu de touristes. Je me souviens que, chaque année, en décembre, lors des vacances annuelles des Colombiens, pour quitter Medellin afin de se rendre sur les plages de la côte caraïbe et pouvoir circuler sans le risque de se faire prendre comme otage, onorganisait des caravanes de véhicules, escortées par l’armée colombienne. Je me souviens que, lorsque nous déambulions dans les rues de Medellin, les gens nous regardaient curieusement et nous disaient : « Merci d’être venus ».Merci,car ilsétaient contents que l’on vienne visiter leur ville malgré sa mauvaise réputation. Je me souviens que ces mêmes gens nous recommandaient de ne pas nous rendre au centre- ville ni dans certains quartiers périphériques. Je me souviens et constate qu’aujourd’hui, Medellin est biendifférente et veutmontrer une image positive. Ce n’est pas tant la ville qui a changé, mais la réalité. Il y a 25 ans, il y avait une violence aiguë avec un taux record de 390 homicides pour 100 000 personnes. Actuellement, on est parvenu à réduire ce taux d’homicides de 95 %. Pour connaître une ville, rien de mieux que de la parcourir àpiedet d’utiliser les transportsencommun. Pour connaître une ville, rien de mieux que de la parcourir à pied et d’utiliser les transports en commun.

RkJQdWJsaXNoZXIy NTUzMDA5