Salaünmag N°15

Salaün mag | Page 66 UN TOUR EN VILLE | Budapest à l ’ assaut de buda La rive droite est pentue. Une myriade de petits véhicules élec- triques alpague le visiteur pour une ascension sans fatigue vers le centre de la cité haute. Mais on peut y préférer l’antique funicu- laire, face au pont des Chaînes, pour une arrivée juste au pied du palais royal, joyau de Buda. Rasé et reconstruit une demi-douzaine de fois, la résidence des rois, de Bela IV au XIII e siècle jusqu’aux Habsbourg, n’a cessé d’évoluer et comprend aujourd’hui deux musées, la bibliothèque nationale et une collection de statues. Les extérieurs sont une agréablepromenade emmenant vers d’autresmerveilles, au long de rues bordées de jolies demeures Renaissance et baroque. Naturellement, la balade à l’ouest amène au pied de l’église Saint-Matthias où, en 1867, l’impératrice Élisabeth, plus connue sous son surnom de Sissi, fut couronnée reine de Hongrie avec son époux François-Joseph I er et surtout avec Franz Liszt à l’orgue. L’esplanade s’ouvre sur le bastion des Pêcheurs, incroyable construction d’inspiration médiévale, mais élaborée au début du XX e siècle, de sept tours symbolisant les tribus magyars fondatrices du pays, où, d’escaliers en terrasses, de superbes paysages sur leDanube et l’ancienne concurrente Pest se dévoilent, chacun différent. À l’est du palais royal, une autre colline de Buda attire le regard, pour un style bien différent. Le mont Gellért est couronné d’une forteresse militaire voulue par les Habsbourg, et surtout d’une immense statue de 14 m de haut, une palme de paix à bout de bras, à la gloire de l’Armée rouge, libératrice de la ville en 1945. De là, un panorama exceptionnel se découvre sur l’ensemble de la cité et les ponts du Danube. Par escaliers, on peut redes- cendre à la rencontre du monument très baroque érigé en l’hon- neur de saint Gellért, le confident d’Étienne I er , et atteindre le pont Élisabeth, ouvrage suspendu ouvert, après moult vicissitudes, en 1964 selon des techniques modernes. C’est le seul cas de non-reconstruction à l’identique après la destruction de l’original, bombardé à fin de la Seconde Guerre mondiale, mais, malgré cela, il est flanqué, côté Pest, de l’église paroissiale de la cité, la plus ancienne de la ville. au partage du danube Il est donc là, ce fleuve mythique, plus ou moins bleu au gré du ciel. On prend à droite pour en suivre les berges vers le pont de la Liberté, autrefois dédié à François-Joseph, et les briques rouges dumarché couvert qui invite à une explosion de senteurs et saveurs. Paprika en est le sésame. L’épice identitaire de la Hongrie emplit stands et narines. On l’aime doux, fort ou fumé (notre préféré) et on l’achète au rez-de-chaussée, au milieu de succulentes charcuteries, par échantillons pour touristes ou gros emballages pour aficionados . À l’étage de la structuremétallique, façon Eiffel, les petits restau- rants de cuisine locale se disputent l’espace pour de savou- reuses saucisses, des plats de chou, des bières pétillantes, du foie gras, des gâteaux débordant de crème... Repus et le cabas empli de souvenirs non indispensables, dont des dentelles, autre spécialité du cru, on retrouve avec plaisir la tranquillité apaisante du Danube. Un embarcadère proche invite à s’offrir une navigation sur le fleuve mythique, été comme hiver. On oublie les commentaires du capitaine en hongrois, langue finno-ougrienne apportée par les Magyars et sans référence avec celles des voisins de l’Est, pour se délecter tout seul du paysage urbain.

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