Salaünmag N°15
Cinquième initiation. Dès une bande de tissu croisée autour des épaules pour retenir lesmanches du kimono, on s’applique à reproduire, assises au sol sur des coussins, des kanjis, les idéogrammes chinois adaptés au japonais. La calligraphie est dans l’art du coup de poignet sur le pinceau et du respect dumodèle. Un rien studieux au départ, mais ça devient plus réjouissant aumoment d’apprendre à écrire son propre prénom en kanjis. Quatrième plaisir. Il est temps de se confier à nouveau auxmains d’habilleuses pour d’autres kimonos encore plus chatoyants. Cette fois, pour passer à table. On dîne tôt au Japon et, dès 18H30, voici chacune sur une chaise basse face à une table, basse aussi, pour répertorier l’immense dînette. Aumoins dix plats différentsmais en petite quantité dans de petits ramequins, à déguster avec les baguettes, s’il vous plaît . Viande à cuire soi-même, poisson cru, algues, sauces fermentées diverses... On commence timidement et on en redemande par gourmandise. 4 Septième et apothéose finale. Cette journéeméritait bien un grand réconfort. Direction le onsen , source d’eaux chaudes remontant des entrailles des volcans de l’archipel. Au bord de rivières ou dans les hôtels, on s’y plonge entièrement nu, avec juste un cache sur les éventuels tatouages, jugés plus indécents que la nudité. Dans la tradition japonaise, hommes et femmes se baignaient ensemble... jusqu’à l’arrivée d’occidentaux, jugeant cette pratique immorale. Donc garçons nus d’un côté, filles nues d’un autre... et pas de photos ! Quoique… Sixième dégustation. Dans une cabane au fond du jardin ou dans une pièce du domicile, il y a toujours unemaison de thé. La cérémonie est strictement codée. D’abord, deux petits gâteaux, les wagashi, un sucré, l’autre amer, posés sur le tatami devant chaque convive. Celui-ci doit les ramener vers lui derrière une ligne tracée pour accepter l’invitation. La friandise amère ouvre le goût, la sucrée adoucira la boisson. On ne porte pas ses lèvres sur l’endroit portant les armes de la famille... Surtout, à tout moment, on n’oublie pas de saluer bien bas par humilité et preuve de respect. Dire qu’il existe des sachets ! 6 7 5
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NzU3MjIw