Salaün Magazine 14
Salaün mag | Page 96 ESCALE | Moorea miam et remiam On retrouve avec plaisir le plancher des vaches, ou plu- tôt des chevaux, nombreux à s’ébrouer en quasi-liberté dans de vastes prairies verdoyantes. Mais on n’y pénètre pas : sur panneau, le mot « tabu » – « interdit » en polynésien –, qui a donné le terme « tabou » en français. Après Opinohu, voici la baie de Cook. L’illustre naviga- teur débarqua en fait dans la première, mais on donna son nom à l’autre. Humour mooréen. Derrière l’es- planade de cocotiers, une belle plage, et à quelques encablures, des voiliers de fière allure à l’ancre. Mais Heirami invite à tour- ner le dos à l’océan. Alors, dans l’horizon, se découpe la silhouette de Mouaputa, alias la Montagne percée. Un visage de femme ren- versé, yeux tournés vers le ciel, avec un trou au niveau de la narine, souvenir, selon la légende, du jet d’une lance par un guerrier jaloux des Tuamotu. OK, et on mange quand ? Maintenant et à « une rou- lotte ». Tel est le nom local et en français des food- trucks qui se rencontrent sur nombre de places de villages et même sur les pelouses de maisons particulières. Pour une dizaine d’euros, un tombereau de frites et quatre steaks, grands cha- cun comme une main, ou une pelletée de noodles asiatique, ou du poisson cru à la noix de coco. Heirami explique : « Faut pas inviter un Polynésien si tu n’as pas beaucoup à lui donner à manger. Ici, on ne rigole pas avec la quantité. » Une grande bouteille d’eau fera glisser l’orgie : en Poly- nésie, la vente d’alcool est restreinte dans nombre de lieux et circonstances. En haut à gauche : Opunohu Bay. Ci-dessus : moment de glisse sereine aux Tipaniers.
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