Salaün Magazine 14

Salaün mag | Page 18 GRAND ANGLE | Jordanie musulmans, qui démolirent des temples et des monu- ments d’origine pour les remplacer par leurs propres édifices religieux. Mais c’est la nature elle-même qui portera le coup de grâce à l’orgueilleux fleuron de la Décapole. Vers les années 750, un terrible tremblement de terre causera des dégâts importants à la ville, qui avait déjà été désertée par la quasi-totalité de ses habitants. Elle connut un relatif regain d’activité à l’époque des croisades avant de tomber, pour des siècles, dans l’oubli d’autant plus total qu’elle fut ensevelie sous le sable. Il faut attendre le début du XX e  siècle pour qu’une équipe d’archéologues américains redécouvre la cité perdue. Mais il faut encore patienter 60 ans pour qu’un programme international de réhabilitation ne soit mis en place avec l’ambition de remettre en lumière Gerasa et d’en faire le plus beau site archéologique romain du Moyen-Orient et un vestige urbain comparable à Pompéi ou à Persépolis. Les travaux de restauration sont toujours en cours. Des équipes d’archéologues français y participent. Ils s’oc- cupent notamment du temple deZeus, à l’entrée sudde la ville, juste au-dessus de la grande place ovale. Mais d’ores et déjà, la visite de Gerasa procure une émotion esthétique particulière et ne manque pas d’impressionner tous ceux que l’histoire romaine passionne. Page de gauche, en haut : l’escalier monumental du temple d’Artémis. Page de gauche, en bas : l’un des théâtres de la cité antique. Page de droite, en haut à gauche : quelques artisans ont établi boutique dans les ruines. Ils proposent notamment des petites bouteilles remplies de sables colorés avec des motifs habilement dessinés. Page de droite, en haut à droite : clin d’œil à l’occupation britannique du siècle dernier, un joueur de cornemuse coiffé d’un kheffié donne un récital dans un des théâtres. Page de droite, en bas : l’impressionnante place ovale bordée de colonnes. C’était le forum central de la ville.

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