Salaün Magazine 14

Salaün mag | Page 119 REPORTAGE | San Francisco plus près de la porte pour le recharge- ment électrique des Tesla, les voitures grand luxe du fantasque milliardaire Elon Musk. À l’intérieur, le grand comptoir ovale accueille la bonne société de San Fran- cisco venue discourir, dans un confort idéal, des valeurs des millésimes mai- son. Pour 20$, ici comme dans la plu- part des wineries , on peut essayer ses papilles à deux blancs et deux rouges. Avec modération, donc. L’horizon de vignes sous le soleil et les montagnes en arrière-plan saoule de plaisir le regard de façon plus prudente pour reprendre la route. Même itinéraire pour le retour vers la métropole, que l’on traverse sans s’ar- rêter pour rejoindre le Pacifique sau- vage à Ocean Beach. Les tons de gris et beige colorient l’immense étendue de sable battue par le vent et les vagues chéries des surfeurs californiens. La plage branchée de San Francisco est avant tout un mythe sous n’importe quel ciel : c’est là que la 101, après avoir franchi le Golden Gate Bridge, s’élance en longeant la côte vers Los Angeles. Ce sera pour une autre fois. En tournant le dos à la plage, San Fran- cisco interpelle pour d’autres décou- vertes de ses collines. Incontournable est un passage par The Castro. Entre Market Street et la 19th Street, la communauté LGBT du monde en a fait un village de tolérance et convivialité, avec des lieux phares comme le Twin Peaks Bar à la station du tram ou le Castro Theatre juste plus bas. Les drapeaux arc-en-ciel, symboles de la cause homo, sont omniprésents sans conflits, au contraire, avec la population à 60% hétéro du quartier. Ce caractère du Castro ne s’est affirmé qu’à la fin des années soixante-dix. Avant, ce coin de banlieue attirait, pour ses loyers plus abordables qu’au centre-ville, une population souvent de passage. Une preuve ? Il suffit de rejoindre la 18th Street jusqu’au numéro 3841. Eh oui ! C’est la maison bleue de Maxime Le Forestier. En 1972, la chanson inti- tulée « San Francisco » voulait remer- cier les gens qui avaient hébergé là le futur chanteur… qui en perdit l’adresse. Sa maison de disques a voulu célébrer les 40 ans de carrière de Le Forestier en la retrouvant. Ce fut chose faite en 2011 avec l’aide du Consulat de France. Mais la bâtisse était devenue verte ! Le propriétaire se laissa convaincre d’un retour à une peinture en bleu offerte (et de l’entre- tien pour l’avenir) et une plaque est apposée sur la maison. Une émotion pour tout Français, qui prend encore davantage de charme en s’asseyant au Orphan Andy’s , un resto tout ce qu’il y a d’américain face à l’arrêt de tram du Castro. À l’accent lors de la commande, avec un large sourire, le patron fait retentir dans les haut-parleurs : « C’est une maison bleue, adossée à la colline. On y vient à pied, on ne frappe pas, ceux qui vivent là, ont jeté la clé…» À chacun maintenant de trouver ses propres clés de San Francisco… Retrouvez nos circuits en Calfornie dans nos catalogues ou sur le site www .salaun-holidays.com En haut : l'arrivée à Castro, le quartier militant LGBT et convivial des hauteurs de San Francisco. Au milieu : l'immense Ocean Beach, d'où l'on quitte San Francisco sur la mythique route 101 vers Los Angeles. En bas : impossible pour tout Français de ne pas s'arrêter devant la maison bleue du 3841 18th Street, celle qui rendit célèbre Maxime Le Forestier par sa chanson « San Francisco ».

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