Salaün Magazine 14
« J’avais 3 ans quand j’ai pris l’avion pour la première fois. Mes parents étaient fous de voyages et nous emmenaient partout avec eux. Au lycée, j’ai continué à voyager avec des copines. Alors, étudiante, arriver à San Francisco n’avait rien de stressant pour moi et jeme suis très vite adaptée. » Caroline arbore un large sourire quand il s’agit de parler d’horizons, qu’ils soient pour découvrir ou se former. Après le Likès de Quimper et unmaster d’écono- mie à Sciences Po Paris, elle approfondit aux USA une étude sur, entre autres, les discours des hommes politiques et leurs changements, ainsi que l’impact des débats publics sur le vote final des électeurs – proche de zéro selon ses premières investigations, mais c’est une autre histoire ! american way of life « Durant ma première année à San Francisco, je sortais et visitais beaucoup. J'étais gourmande de connaître cette ville fantastique. Aujourd'hui, je vis loin du centre et n'y vais finalement plus qu'occasionnellement. Surtout que je suis en charge de cours pour des étudiants de première année afin de financer mes études. Jamais, je n'ai regretté ce choix de San Francisco. » La jeune femme a adopté un rien de l’americanway of life : deux fois par semaine, elle court ; le week-end, elle navigue, quand le temps le permet, dans la baie avec le plaisir de passer sous lemythique Golden Gate Bridge à bord d'un vieux dériveur racheté avec sonmari. Elle part en pique- nique avec des amis et savoure la cuisinemexicaine, sa gourmandise. Pas de nostalgie du pays ? « Je n'ai pas cherché spécialement à rencontrer d'autres Français en Californie. La Bretagne est bien sûr dansmon cœur mais comme destination de vacances. Par ma formation et celle demonmari, notre avenir se dirige vers de grandes métropoles internationales, et en France, ce serait sans doute Paris. Mais pour l'instant et quelques années encore, nous nous épanouissons à San Francisco ! » les plus et les moins de la ville « San Francisco est une ville super… à condition d'en avoir lesmoyens. La vie quotidienne est ici très chère, peut-être la plus coûteuse de tous les USA. Ce n'est pas un hasard si, commemoi, beaucoup de gens qui y travaillent déménagent pour s’éloigner du centre. Du coup, pour tout lemonde, ce sont des heures d'embouteillages dans sa voiture ou de longs trajets en transport en commun » , déplore Caroline. « Mais il faut se dire que c'est le prix à payer pour vivre dans un des endroits les plus enthousiasmants aumonde. » On dit souvent que San Francisco et la Californie dans son ensemble sont différents du reste des États-Unis ? « C'est vrai. D'abord cette ville, même si elle est jeune sur l'échelle du temps, a une histoire, un passé riche, une vraie culture propre, ce qui n'est pas le cas de lamajorité des cités américaines. Les gens y sont faciles d'accès et ouverts. Pour exemple, dans Berkeley, Donald Trump n'a obtenu que 8 % des voix, et les analystes politiques se demandent encore qui peuvent bien être ces électeurs tant cela ne ressemble pas à l'âme californienne ! » , s'amuse Caroline. Un dernier argument pour donner envie de s'y rendre ? « San Francisco est une belle ville par demultiples aspects, mais il ne faut pas oublier son environnement proche, avec ses villages typiques, ses vastes plages sur le Pacifique, ses vignobles… Et surtout le climat y est génial : jamais trop chaud, jamais trop froid, agréable toute l'année. Que demander de plus ? » D’abord cette ville, même si elle est jeune sur l’échelle du temps, a une histoire, un passé riche, une vraie culture propre, ce qui n’est pas le cas de la majorité des cités américaines. Les gens y sont faciles d’accès et ouverts. PROPOS RECUEILLIS PAR YVES POUCHARD RENCONTRE
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